Assumer le ton de ta voix, c’est assumer qui tu es

Sais-tu quel est le ton de ta voix quand tu t’exprimes ?

Voilà une question à laquelle tes proches sont souvent bien plus à même de répondre que toi. Et pour cause, pour toi, ça change continuellement, mais eux perçoivent la note générale.

Est-ce que tu t’exprimes de manière plutôt amicale, aimante, directe, brute de décoffrage, riche en métaphores, tolérante, motivante, espiègle, factuelle, optimiste, éloquente, rassurante, raffinée,…?

Avoir conscience de son ton de voix lorsqu’on communique sur internet, c’est important, car on n’attirera (et ne repoussera pas) les mêmes personnes en fonction. T’as déjà vu un punk à chien tailler une bavette avec un patron du CAC 40 ? Je suis à peu près sûre que cet exemple ne court pas les rues, mais si c’était le cas et que tu fermais les yeux pour les écouter, tu assisterais à un contraste évident au niveau des tons de voix employés.

Je t’ai pris là un exemple socioculturel pour que tu te figures bien la différence, mais au-delà des positions sociales (dont on se fout pas mal ici), au niveau des personnalités, les mêmes différences se retrouvent, parce que nous nous construisons les uns par rapport aux autres.

Quand on bosse comme employée en open space avec beaucoup de pression sociale, on a tendance à lisser notre langage pour le caler sur celui des autres dans le but de se faire accepter plus facilement (ou tout du moins pas virer car, hey, I get it, il faut bien payer son loyer !). Mais quand on est sur internet, guess what, les tendances sont inversées : si tu t’emploies à faire comme tout le monde, personne ne te remarque et tu risques de parler longtemps dans le vide en mode « Regardez-moi ! Regardez-moi ! … Please ? » sans parvenir à faire décoller ton business.

De facto, ce qui n’était pas forcément nécessaire à ta survie avant (se détacher de la masse) le devient, et te pousse à trouver comment sortir de ta coquille si tu veux conserver la liberté de choix qui vient avec l’entreprenariat.

Alors, comment te faire entendre au milieu du bruit ?

1. Apporte de la valeur à ta communauté en l’aidant sur ses problématiques

Toujours, toujours, toujours. Se regarder le nombril en pleurant parce qu’on n’a pas d’attention ni de reconnaissance, déso, mais ça fait pas avancer le schmilblick. Tu ne sais pas de quoi ta communauté a besoin, avec quoi est-ce qu’elle galère ? Pose-lui la question : les sondages, les lives Q/R et les réseaux sociaux sont là pour ça. Tourner en rond dans ton coin ne va pas magiquement faire tomber la réponse du ciel. 50% de ton job c’est ton talent, les autres 50%, c’est de savoir comment rejoindre tes clients. Développe ta relation avec eux. Tu veux qu’ils s’intéressent à toi ? Intéresse-toi à eux. Il n’y a pas de conseil que j’ai le plus répété que celui-là dans le domaine de la communication. Ça semble évident et pourtant, tout le monde passe à côté.

2. Prend conscience de comment est-ce que ta personnalité s’exprime quand tu parles

Et prête attention au ton généralement utilisé dans ton secteur d’activité, pour voir si ces deux tons s’accordent ou dissonent, et en quoi, dans les deux cas, cela peut être un atout pour toi. [ En bas de cet article, tu trouveras un exercice pour te faire une idée de ton ton de voix. ]

En général, chaque secteur d’activité a un ton de voix particulier : si tu vas dans un hôpital, tu t’attendras plus facilement à entendre un ton de voix factuel et détaché. Si tu imagines un coach sportif, il y a de fortes chances qu’il s’exprime de manière motivante et déterminée. Si tu parles à une pâtissière, elle te paraîtra sans doute généreuse et déculpabilisante. Ça c’est pour les gros clichés. Que se passe-t-il maintenant si le ton de voix attendu d’un corps de métier et celui qu’on a devant soi diffèrent ?

Mettons que tu ailles chez le dentiste et que tu sois au bout de ta vie tellement tu angoisses de te faire cisailler la gencive (ouais j’aime bien te mettre des images crispantes dans la tête). Est-ce qu’à compétences égales, tu ne choisirais pas plutôt un dentiste avec un ton de voix rassurant ou même un peu espiègle, pour te faire décompresser/redescendre un peu avant de commencer, à celui qui te parait concis et détaché, comme si rien ne le touchait et qu’il ne pouvait pas comprendre les sentiments humains ? En fonction de ta personnalité et de tes valeurs, consciemment ou non, tu ne seras pas attirée par le même type de prestataire/client.e. À compétences égales, tu choisiras celui que tu “sens” le mieux, même si tu ne parviens pas à dire pourquoi.

Dans le cas du dentiste, c’est peut-être un poil compliqué de connaître à l’avance son ton de voix/caractère (surtout si tu tombes sur sa secrétaire au téléphone), mais si tu vends tes services sur internet en revanche, tes clients ont tout intérêt à pouvoir se faire une idée de ta personnalité avant de décider s’ils veulent s’engager avec toi.

Le ton de voix, c’est ce qui communique l’énergie d’une personne

Par conséquent, il est un des nombreux facteurs sur lesquels on peut jouer pour se démarquer sur internet. Si tu me suis depuis un moment, tu auras remarqué que le mien est plutôt franc, passionné et direct (qui a dit « rentre dedans » dans le fond ? J’ai entendu… #ascendantbelier #sorrynotsorry). En tout cas à l’écrit.

Quand les gens me voient en face-à-face pour la première fois après m’avoir lu, ils s’étonnent de la légèreté, de l’humour et de la douceur que je dégage (See ? Come back, I’m not an angry monster, I promess…). Mais ce contraste est inhérent à ma personnalité. Plus jeune, j’ai essayé d’adapter ma manière de m’exprimer pour qu’elle soit plus « diplomate », ou de changer mon apparence avec des vêtements plus durs pour « annoncer la couleur », mais ça ne fonctionnait juste pas dans d’autres sens que le sens naturel. Ça sonnait faux et surtout, c’était très inconfortable pour moi.

Il m’a fallut quelques années pour réaliser que finalement, assumer ce ton de voix très franc, ça permettait de faire du tri à l’entrée. Comme les armoires à glaces recouvertes de tatouages que t’as pas envie de faire chier, mais qui sont de gros oursons une fois passée la première barrière, la manière dont je m’exprime me permet d’avoir la paix de la part de ceux qui ne savent pas lire entre les lignes. Ça s’appelle polariser et ça se produit dès que tu assumes ta position, quelle qu’elle soit : il y aura toujours des gens pour et des gens contre.

J’ai donc arrêté de lisser ma manière de m’exprimer. Depuis, je fais davantage confiance aux gens pour sentir l’intention véhiculée derrière mes mots, et capter qu’il y a chez moi un contraste naturel entre le fond et la forme. Je leur laisse cette responsabilité. Tant pis pour ceux qui passent à côté. Le résultat ? Je suis plus épanouie et celles qui travaillent avec moi m’apprécient pour ma personnalité autant, sinon plus, que mes compétences, parce que celle-ci recèle également des ressources dont elles ont besoin pour avancer. On veut travailler avec moi autant pour ce que je suis que ce que je fais et ça, ça n’a pas de prix. Pourquoi ? C’est une combinaison qu’aucun.e de tes concurrent.e.s ne peut reproduire. Ton combo être/faire est unique, il n’appartient qu’à toi.

Assumer ton ton de voix, c’est assumer qui tu es.

Et c’est ta plus grande force pour transmettre ton message.

• Tu aimes taquiner, blaguer et attirer l’attention en permanence mais tu as peur de passer pour quelqu’un de frivole et qu’on ne te prenne pas au sérieux, parce qu’on t’a répété ça constamment depuis l’école primaire et que ton secteur d’activité traite de sujets sérieux, voire graves ? Assume, apporter cette légèreté au sein de ton activité est sans doute précisément de quoi tes clients ont besoin aujourd’hui.

• Tu aimes séduire, envoûter, éveiller le désir, mais tu as peur de faire de l’ombre aux autres et générer de la jalousie, ou d’être étiquetée la-nana-superficielle-qui-veut-plaire ? Assume, exprimer ta sensualité et tes envies est ce qui permettra à d’autres femmes de se déculpabiliser et de se libérer de leurs jugements, s’autoriser à jouir et reconnecter à leur désirs profonds.

• Ton naturel joyeux et optimiste te donne envie d’apporter du bonheur aux gens en leur faisant apprécier les plaisirs simples de la vie, mais tu crains qu’on te juge trop naïve et qu’on profite de toi, qu’on te dise que tu manques de réalisme ou qu’on te rappelle à l’ordre en te disant que la vie, c’est pas juste ça ? Fuck them, tu portes en toi une ouverture à la vie si simple qu’elle destabilise et fait fondre le cœur des gens. Beaucoup te l’envient car ils auraient bien besoin de la fraîcheur que tu dégages naturellement. Assume ta pétillance et ton idéalisme, car ce sont tes forces naturelles pour transformer le monde.

Je pourrais continuer longtemps ainsi. Tout cela se communique, entre autres, dans le ton de ta voix. Le ton de ta voix ce n’est pas juste une humeur c’est, mis bout-à-bout dans le temps, un caractère et des valeurs qui sont transmises avec. Prendre conscience de ce ton de voix, c’est savoir ce que tu communiques aux autres au premier plan.

La preuve ? Quand tu flippes, soit le ton de ta voix change et trahi ton stress, soit tu as un peu de sang-froid et tu contrôles le ton de voix pour l’adapter aux circonstances : dans les deux cas, tu sais que le ton de ta voix, au-delà des mots, communique une part de qui tu es. Tous les gosses apprennent ça dès la cour de récré.

Pour te prendre un autre exemple que le langage verbal pour communiquer une personnalité, parlons images.

Tu penses que c’est un hasard que j’ai choisi cette image pour illustrer l’article ?

Que j’ai juste tapé “woman writing” dans la barre de recherche de ma banque d’image et que j’ai pris la première que j’ai trouvé qui ne me paraisse pas trop dégueu ? En voilà une douzaine que je n’ai pas choisies (dont certaines que j’aurais pu) car je savais qu’elles ne collaient pas avec moi ou le type de personnes que je cherche à atteindre en écrivant cet article. Les images, les couleurs et les formes, de la même manière que les mots, parlent un langage inconscient dans lequel on se reconnait, ou pas.

Est-ce que tu sens combien les femmes présentées sur ces images sont différentes et ne véhiculent pas les mêmes valeurs, histoire, habitudes, environnement… ? Est-ce que tu sens que certaines t’attirent ou te rebutent et d’autres ne te font ni chaud ni froid ? Est-ce que tu saurais dire pourquoi ?

Après cinq ans d’études en arts appliqués, communication visuelle multi-médias et près de dix ans à pratiquer le graphisme et la direction artistique, je peux te dire que capter les symboles inconscients véhiculés par une image et sentir s’ils collent ou non avec quelqu’un, c’est devenu une seconde nature pour moi. Même chose avec les mots et les visages. Je sens le fond au travers de la forme.

Il y a quelques années, j’ai laissé tomber le graphisme par dégoût et lassitude, parce que les gens ne voulaient pas d’identité alignée avec qui ils étaient, ils en voulaient juste une qui leur permette de se la péter sur leur marché, comme d’autres achètent une robe parce qu’ils ont vu une star la porter, et pensent que se calquer sur ce modèle suffira à remonter leur image et leur estime d’eux-même. – Flora Douville, si tu passes par là, je te laisse le plaisir d’expliquer combien c’est absurde de faire ça. – Pire que l’attitude des clients : j’étais dans mon entourage quasi la seule graphiste à être gênée par ce décalage présent dans la communication. Présent partout. Au point de me demander si ce n’était pas moi qui avait un problème.

« Tu fais des trucs jolis, les clients te payent, ils sont contents, de quoi tu te plains ? Qu’est-ce que tu veux de plus ? »
En moi, ça hurlait.
« Mais tout le monde passe son temps à mentir, putain ! Ça vous fait pas péter un câble de participer à ça ?
– Mais c’est comme ça que le monde fonctionne, Lou. Grandis un peu ! »

À l’époque, je voyais les choses un peu trop en noir et blanc et surtout, je n’avais pas la clarté que j’ai aujourd’hui sur quel était ce décalage que je ressentais, ni sur comment inverser la tendance, mais j’ai bien vite compris que mes considérations ne collant pas avec celles du marché où je me trouvais, en attendant de comprendre quel pouvait être mon rôle là-dedans, il me fallait dégager rapidement si je voulais continuer à me regarder devant un miroir.

Et pour cause, il me manquait une réponse essentielle pour faire un choix autre que celui de partir, une réponse que je n’avais pas encore trouvé pour moi-même à ce moment-là : comment faire entendre à mes clients que de se montrer comme ils sont dans leur business est une force et non pas une faiblesse ? À présent j’ai cette donnée et surtout, je sais à qui m’adresser : celles qui ont fait le choix d’entreprendre de manière authentique et recherchent maintenant des clefs pour trouver comment développer leur business. J’ai arrêté de m’occuper des autres, ceux qui veulent continuer de se planquer en s’acharnant dans l’ancien modèle. Tôt ou tard, ceux-là finiront par se réveiller et changer d’eux-même en voyant les autres prospérer.

Voilà pourquoi aujourd’hui, je réinvestis dans mon service d’accompagnement Vision Claire mes connaissances dans le domaine de la communication (visuelle et verbale) pour aider les entrepreneures qui veulent monter un business 100% cohérent avec qui elles sont à prendre conscience de leur spécificité, de leur vision, et comprendre comment la transmettre à leurs client.e.s. Car améliorer la communication entre les gens et avec eux-même, c’est ce qui m’a toujours passionné. Rendre visible ce qui est invisible. Fluidifier le passage, construire un pont entre deux choses qui ne se rejoignent pas encore, mais qui souhaiteraient y parvenir.

Mais je ne peux pas accompagner tout le monde en même temps, et le niveau d’exigence que j’ai quant à mes services n’allant pas en diminuant (en bonne obsessionnelle, je veux toujours pousser le truc un cran plus loin à chaque fois), les tarifs autant que le temps d’accompagnement vont en être modifiés prochainement.

Pour autant, j’ai toujours à cœur d’aider celles qui se lancent, aussi ai-je décidé de te transmettre par le biais du blog et des réseaux sociaux quelques astuces pour améliorer ta communication. Et comme il faut bien commencer quelque part…

Exercice pratique : Tu veux connaître ton ton de voix ?

Demande à plusieurs personnes de ton entourage (famille, amis, connaissances, clients) de fermer les yeux, de t’imaginer parler et de te donner trois adjectifs pour décrire la manière dont tu t’exprimes. À quoi est-ce qu’ils t’associent naturellement ? Les mots qui reviennent le plus souvent correspondent à ton ton de voix, et feront écho à certains traits dominants de ton caractère.

Y a-t-il des adjectifs radicalement différents en fonction des personnes à qui tu t’es adressée ? Les niveaux de proximité/vulnérabilité que tu as avec eux sont-ils différents ? Comment te sens-tu par rapport à ces adjectifs ? Est-ce que tu es ok avec ce que cela dit de toi (ce que ça t’apporte de positif et de négatif) ou pas du tout ? Est-ce que tu sens que cela sonne comme ta propre voix ou celle de quelqu’un d’autre, comme si tu avais enfilé un costume inconfortable ?

Raconte-moi tout ça dans les commentaires. Tu penses que cet article peut intéresser quelqu’un ? N’hésite pas à le lui partager 😉

4 comments

  • Aline - Inspiré et Créé

    Un article très intéressant, merci!
    Surtout qu’au fur et à mesure que je grandis (à l’intérieur vu que j’ai toujours ma taille de hobbit =p) et que ma confiance en moi grandit, je remarque que mon ton de voix change!
    Je vais tester ton exo, ça pourrait être drôle de voir comment mon entourage me perçoit en se focalisant seulement sur ma voix!

    • Lou des Steppes (author)

      Oui notre ton de voix change avec nous ! Et ce qui me fait triper quand j’accompagne des clientes avec les archétypes, c’est d’observer qu’il varie toujours entre un de nos 4 archétypes, que l’on passe de l’un à l’autre en fonction de celui dont on a besoin au premier plan pour débloquer notre situation du moment. Mais basiquement, on tourne toujours entre les 4 (parce qu’ils sont reliés à des valeurs profondes derrière et qu’on y revient toujours, consciemment ou non), c’est juste qu’on les fait évoluer, on les affine/alchimise plus à mesure que l’on s’affirme et que l’on apprend à savoir ce que l’on veut. 🙂

  • Isabelle

    Je vais essayer l’exercice et je t’en dirai des nouvelles 😉 Pour l’instant à l’écrit sur Instagram en tout cas, je suis à fond dans mon archétype “héros” je pense haha. Peut-être que ça évoluera avec le temps avec les autres archétypes 🙂

    Oh et je sais pas pourquoi, mais chez moi le lien dans la newsletter marchait pas, ça me mettait “You don’t have permission to access /assumer-le-ton-de-sa-voix-c’est-assumer-qui-tu-es/ on this server. Additionally, a 403 Forbidden error was encountered while trying to use an ErrorDocument to handle the request.”

    Merci pour cet article encore très pertinent Lou !

    • Lou des Steppes (author)

      Ça ne change pas tous les 4 matins non plus, c’est généralement le résultat d’un choix déterminé, pas d’une humeur passagère. 🙂
      Lorsque j’écris ou créé quoi que ce soit, je sens toujours mes 4 archétypes derrière en permanence, c’est juste une question d’où je décide de mettre l’accent et dans quel but est-ce que je le fais.

      C’est curieux cette histoire de lien, ça fonctionne pourtant bien chez moi… C’était peut-être un problème temporaire de serveur, car le nombre de vues que l’article a bien augmenté juste après que j’ai envoyé la newsletter, avant de publier l’article sur les réseaux scociaux. Ne parviens-tu toujours pas à accéder à l’article via la newsletter ? As-tu cliqué sur l’image ou sur le bouton en fin de mail ? Merci pour ton retour Isa 😉

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