Commence avant d’être prêt

Ce matin, au réveil, j’ai reçu un texto de mon frère, accompagné d’une photo. Je vais être tata ! C’est fou l’effet que peut produire en nous une toute petite phrase et une image. Moi qui n’ai jamais envisagé avoir d’enfants, je me suis soudain projetée dans la possibilité d’avoir à prendre soin d’un petit être, d’avoir une part de responsabilité dans son développement. Et je me suis sentie si inspirée, si chanceuse que la vie m’offre cette possibilité..! Ceux qui me connaissent comprendront sûrement à quel point c’est improbable pour moi de découvrir pareil élan. Limite surréaliste.

Même si je conçois tout à fait que l’instinct maternel puisse exister, je n’ai jamais considéré faire partie des femmes qui en avaient un. Je suis plutôt de celles qui vous aurait listé sans ciller mille bonnes raisons de ne pas avoir d’enfant. Soudain, on m’annonce que je vais être tata et je me mets à vouloir crier ma joie sur les toits, arrêter chaque passant pour qu’il soit au courant. « Mais vous vous rendez compte ? Je vais être tata. Ta-ta. C’est merveilleux ! »

Bondieu, achevez-moi.
La vie doit avoir un programme de niaiserie implanté, prêt à se déclencher et réécrire ta personnalité pour assurer la perpétuation de l’espèce. C’est obligé.

Toute à la découverte de ce sentiment qui m’a toujours semblé étranger, j’y ai senti autre chose.
Un questionnement plus profond.

Que vas-tu lui transmettre ?
Quelle est ta vision de la vie, quelles histoires as-tu à raconter ?

Ces questions ne sont pas nouvelles. Je me les suis toujours posées, elles vont de paire avec ma recherche d’identité, mon rôle à jouer sur terre. Mais avant, elles étaient dirigées vers l’humanité de manière générale. Et de ce fait, l’urgence que j’avais à trouver des réponses ne concernait finalement que moi. Soudain, elles se sont focalisées sur une personne. Une personne en particulier. Et pas un adulte, un enfant, un enfant à naître. Dans six mois.

Et ce que ça a fait, c’est que ça a complètement transformé mon point de vue sur la question. Ce n’était plus une interrogation lointaine, pour laquelle j’avais le temps de me perfectionner. Non. En un fragment de seconde, c’est passé au présent. A la réalité très concrète, qui se fout pas mal que tu sois prêt ou pas. La question est devenue : qu’as-tu à transmettre toi, là où tu en es aujourd’hui, aussi incomplet et fragile sois-tu ?

Et c’est précisément ça que j’ai trouvé merveilleux. Car cela rejoint ma vision, bien que parfois il me faille quelques rappels extérieurs pour pouvoir me l’appliquer à moi-même : commence avant d’être prêt. Lance-toi, répond à ce qui t’anime de l’intérieur, à ce qui fait briller ton regard, et ne doute jamais d’être sur la bonne voie. À chaque instant, tu es précisément là où tu dois être. Ne doute pas de ta légitimité, de ton expertise, de ta capacité à faire ce que tu aimerais faire.

Si tu en as la vision, c’est que tu as déjà en toi tout ce qu’il faut pour le faire. Si ton cœur s’ouvre à l’idée d’aller dans cette direction, que tu te sens excité et effrayé à la fois : then, go for it ! Chase it. Tu n’as pas besoin de tout savoir à l’avance. Ose, ai confiance. Les réponses viennent en faisant. Voilà ce que je veux transmettre.

N’attendez pas d’avoir une vision claire de ce que vous devez atteindre. Vous risqueriez de ne pas faire ce que vous voyez clairement. – Henri David Thoreau

Qu’est-ce que tu attends de faire “un jour” dans ta vie ? Qu’est-ce qui te retient de le faire aujourd’hui, de poser une première action pour t’en rapprocher ? Dis-le moi dans les commentaires. Tu penses que cet article peut intéresser quelqu’un ? N’hésite pas à le lui partager 😉