Ton énergie, c’est ce qui soutient les autres même quand tu n’es pas là

Il y a quelques jours, je te parlais de l’importance d’être au clair avec toi à chaque instant et d’oser exprimer qui tu es, que ce soit dans ta vie ou ton activité professionnelle. Pourquoi ? Parce qu’au delà de la satisfaction que cela peut t’apporter personnellement, tu n’imagines pas l’effet ricochet que cela peut déclencher chez les autres.

Je ne parle pas ici de tes actes « calculés », quand tu cherches à aider quelqu’un volontairement, mais bien des petits gestes et paroles que tu as au quotidien en étant juste toi et dont tu ignores totalement la portée. Les choses sur lesquelles, en fait, tu n’as aucun contrôle, et qui sont parfois celles où tu as le plus d’impact.

Tu te rappelles de cet article où je te racontais m’être faite agresser ? Je vais te raconter l’effet ricochet qu’a eu cet évènement, pour illustrer pourquoi il est essentiel que tu incarnes ton message au quotidien. Ce message n’a pas besoin d’être original, ça peut même être le truc avec lequel il te semble galérer le plus, le conseil que tu as besoin de te répéter le plus souvent pour ne pas te perdre. Il est même fort probable que ça soit le cas. Parce que ton message, n’est pas uniquement là pour porter les autres, il est avant tout là pour te porter toi. T’aider à surmonter les obstacles du quotidien quand ta volonté ne suffit plus et que la peur te submerge.

L’effet ricochet du courage que j’ai eu de me défendre face à mon agression, c’est le SMS que j’ai reçu d’une amie, et qui m’a poussé à écrire cet article aujourd’hui. Elle avait tenté de m’appeler la veille, mais je n’étais pas à proximité de mon téléphone, aussi n’avais-je pas pu décrocher. Je lui avais demandé après coup si elle voulait qu’on se voit et lui avais donné mes disponibilités pour la soirée. Pas de nouvelles. Le matin au réveil, je suis tombée sur son SMS nocturne. Elle m’y expliquait qu’elle m’avait appelé car elle se trouvait en conflit avec un collègue de travail qui dépassait les limites.

Tu étais la meilleure personne pour me mettre en énergie « Don’t mess with me dude ». Je ne t’ai pas eue mais tu étais dans ma poche. Voilà, ce soir il a rendu sa clef : il ne reviendra pas. Tout le monde est soulagé. Fuck. Fallait pas. Ca peut paraître bizarre, mais merci de ton soutien virtuel.

Ca fait deux fois en deux jours qu’on me remercie pour une chose que je n’ai même pas eu le temps de faire. Je peux vous dire que ça fait tout de même bizarre… Pourquoi cette personne m’accorde-t-elle une partie du mérite pour quelque chose qu’elle a pu faire sans moi ? Et puis j’ai compris. Ce n’est pas tant mon action que l’énergie que je dégage en étant moi qui a de l’impact sur le monde.

Il est fort probable que si j’étais intervenue en décrochant, les choses se seraient passées différemment. Au moment où elle a essayé de m’appeler, j’étais d’humeur calme, posée, et peut-être aurais-je cherché à la faire se poser aussi, à temporiser, prendre le temps de réfléchir pour ne pas prendre de décision précipitée vis-à-vis de son collègue. Mais je ne l’ai pas eue au téléphone, et notre dernier échange datait du lendemain de mon agression, où j’étais effectivement en mode You better don’t mess with the wrong bitch, dude. – Ouais mon côté punk extraverti est anglophone, ne me demandez pas pourquoi.

Quand j’ai eu le courage de m’écouter et d’être présente à moi-même lors de mon agression, malgré la peur et malgré ce dont je me pensais capable d’après mes expériences passées (mutisme, paralysie, défense verbale), j’ai libéré une chose en moi. En rentrant et en partageant mon histoire (par nécessité, parce que j’avais encore besoin de redescendre de mon état), cet effet s’est décuplé sur mon entourage, qui a pu se libérer à son tour.

Cette amie a imaginé que j’étais dans sa poche pour l’encourager à dire à son collègue qu’il était allé trop loin, comme moi j’ai imaginé que j’avais des centaines de femmes enragées derrière moi pour me soutenir et avoir le courage de porter un coup, alors que je déteste la violence. Dans les deux cas, nous avons fait appel à une énergie en apparence extérieure pour nous aider à résoudre une situation. En réalité, cette énergie fut dans les deux cas intérieure.

Lorsque nous changeons, quelque chose d’assez schizophrénique se produit en nous : nous allons puiser dans nos modèles extérieurs (qu’ils soient vivants ou morts, réels ou fictifs) les caractéristiques dont nous avons besoin dans l’instant, en les rattachant mentalement aux personnes auxquelles nous les identifions. Il est plus facile de se sentir poussé par l’extérieur à faire une chose dont nous n’avons pas l’habitude que d’imaginer que nous sommes capables de le faire tout seul.

En vérité, cette caractéristique dont nous avons besoin et croyons manquer, elle est déjà en nous, dans nos ténèbres intérieures, sous l’ombre de nos paupières. Elle est la part inconsciente que nous n’avons pas encore suffisamment reconnue et intégrée pour l’appeler consciemment « moi ». Nous ne nous l’autorisons pas.

Que cette caractéristique nous ai sauvé la vie ou nous ai fait commettre l’irréparable, nous n’osons pas en prendre pleinement la responsabilité. « C’est le diable qui m’a poussé à faire ça, il m’a possédé » ou « c’est Dieu qui t’a soigné à travers moi, c’est lui qu’il faut remercier » sont des variantes bien connues de ce type de situation. Nommer et représenter des types d’énergies pour mieux les appréhender et nous connecter à elles est chose naturelle dans un monde où tout nous apparaît séparé.

Incarner pleinement qui tu es, c’est rendre cette énergie qui t’habite disponible pour aider les autres, d’une manière qui dépasse la portée de tes propres actions.

C’est ça, incarner son message. C’est dire : ok, je choisis de m’engager pleinement sur ce sentier qui m’effraie autant qu’il éveille en mon cœur les plus hauts sentiments, parce que là se trouvent à la fois les réponses que je cherche et celles que je peux apporter au monde. Alors je vais retrousser mes manches et affronter mes peurs, car je sais que c’est aussi derrière que reposent ma force et ma stabilité.

Quand tu incarnes ta mission au quotidien, que tu y dédies toute ton énergie et pas seulement dans le cadre de ton activité, c’est là que tu te transformes et que tu transformes le monde. En cherchant le courage d’être moi, de communiquer qui je suis dans l’instant présent, toutes les femmes que je souhaite soutenir avec ce message sont venues mentalement à mon secours pour que j’ose me défendre et me positionner. Et j’ai pu ensuite venir mentalement au secours d’une autre femme qui avait besoin de cette énergie-là.

C’est l’effet ricochet. Parce que nous sommes tous connectés les uns aux autres d’une manière qui dépasse de loin nos simples actions. Que nous le voulions ou non, l’énergie que nous mettons à vivre se diffuse sur le monde. Et celui-ci se fiche pas mal de notre to-do list, tout ce qu’il nous demande, c’est d’être présent à ce qui nous arrive.

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Et toi, as-tu déjà eu vent d’un de tes effets ricochet ? A qui fais-tu appel pour emprunter des caractéristiques dont tu as besoin spontanément ? Raconte-le moi dans les commentaires. Tu penses que cet article peut intéresser quelqu’un ? N’hésite pas à le lui partager 😉