La pute se donne à tous et n’appartient à personne

Hier, j’ai participé à un cercle de femmes autour de la créativité, qui m’a beaucoup apporté. Beaucoup plus que ce que j’avais envisagé au départ. Comme souvent, j’ai été émerveillée de l’intelligence du corps, l’intelligence intuitive et l’intelligence collective. Se relier à soi en se reliant au groupe, c’est une chose qui ne m’est pas encore familière. Des années d’expériences allant à l’encontre de ça luttent encore contre cette possibilité. J’intègre peu à peu.

Le message qui pour moi en est ressorti, au-delà de la beauté des rencontres, du plaisir que j’ai eu à créer et essayer de nouvelles approches, c’est que pour débloquer ma créativité et ma voix, je dois libérer la femme sensuelle en moi. La femme sexuelle. La sauvage. L’insoumise.

La troisième phase du cycle féminin ; la femme mûre, la période de l’automne, celle où le soleil diminue et où l’on réveille les morts.

J’ai beau avoir écrit beaucoup dessus (ou est-ce elle qui a écrit à travers moi), m’être longuement interrogée sur son rôle, ce n’est que récemment que je commence à cerner sa véritable nature. La sentir dans mon corps. A mesure que j’explore mes ombres, c’est-à-dire à la fois les croyances et les ressources enterrées dans mon inconscient, je fais remonter à ma conscience l’énergie de la femme sauvage. Mais ce n’est qu’hier que j’ai réalisé combien je l’avais malmenée et incomprise. Dans la terre que j’ai modelée ont surgi la rigidité et la sècheresse infligées à mon propre corps. La cruauté de mon jugement. J’ai senti les zones coincées, ébréchées autour de mes hanches, sur le point de casser tant l’énergie vitale qui les habitait s’était retirée. Je ne l’ai pas senti dans dans la chair, mais dans les os. Profondément.

Sans la femme sensuelle, le feu ne m’habite pas. Je me vide de ma créativité comme une rivière asséchée, je perds confiance en moi et je sombre dans l’instabilité. En fermant les yeux, je la vois. Une bohémienne, une gitane aussi séduisante que mal élevée. Je la regarde danser, éclater d’un rire gras, gémir, grogner, baver, se frotter lascivement… On dirait presque un chien, tant elle ne connaît pas les manières. Et pourtant, dans l’indécence qui semble la caractériser, émane une puissance qui me fascine et que je lui envie. Elle se fiche de mon jugement, elle n’en fait qu’à sa tête. Elle lèche, griffe, bave de son appétit dévorant, elle dégouline de partout en riant. A mesure que je l’observe, le malaise se fait plus fort en moi. Je sens cette fascination et cette répulsion à son encontre. Elle me regarde et en un fragment de seconde, je perds mon centre. Je flotte hors de moi. Je veux être à ses pieds, l’aduler jusqu’à me perdre en elle, m’abandonner. Aussitôt après je veux la brûler, la renier, lui fermer ma porte. Je veux la mépriser pour oublier qu’elle me dérange.

La femme sauvage crie en moi. Et c’est ce cri qu’il me faut libérer à présent. Cette voix que je ligote depuis plusieurs années. Cette peur d’elle est si forte qu’elle m’intoxique et me brûle la gorge. Elle est dans la cigarette que je fume, dans l’alcool que je bois, dans les vices qui m’allument. Lui résister me rend faible, mauvaise, me diminue… je la hais pour ça. Parce que je ne l’accepte pas autant que j’aimerais le penser, parce que je confonds son rôle (ce qu’elle me fait voir) et ce qu’elle est, notre relation me divise de l’intérieur. Quand tu as un doute sur ce que tu te caches, demande-toi quelles parties du monde tu vois en noir et blanc et tu peux être certain d’y trouver ce que tu cherches.

Jusque là je l’avais séquestrée, tenue en laisse, j’avais pensé refréner son pouvoir sur moi en la faisant taire. J’avais honte d’elle. Peur qu’elle m’humilie devant les autres, qu’on me condamne, me jalouse, me brûle. J’avais peur de son intensité, qu’elle emporte tout ce que j’avais construit sur son passage. C’est que… elle ne fait pas dans la dentelle, celle-la !

Toute en chair, elle parle le langage secret des os, elle renverse nos fondations comme des châteaux de sable. Elle est la créatrice du paradis et de l’enfer. La magicienne, l’ensorceleuse qui jongle avec les ombres. Elle est là et n’est pas là, elle n’est pas celle qui trouble, elle est le trouble même. Elle est dans ma passion irrationnelle, mon irrévérence, dans mes fantasmes inavouables. Dans la voix rauque qui hurle dans les ténèbres. Elle est la folie qui me guette. L’animal sauvage qui me réveille la nuit, le feu purificateur et destructeur. Elle est la soumise et la dominatrice. La pute, la femme fatale, la chienne. Elle est l’énergie de vie, le sexe à l’état pur, primaire et indomptable. Sans limite. Quand je la sens monter en moi, sa puissance est telle que j’ai peur qu’elle ne m’avale toute entière. La femme sensuelle, c’est aussi la femme qui sait se mettre en colère. La femme inconstante et pulsionnelle. Volcanique. Incontrôlable. Elle est la rage brutale qui m’habite. La lave dans le chaudron, si bouillonnante qu’on s’attend à la voir exploser à tout instant.

Tant de bonnes raisons de s’en tenir éloignée, n’est-ce-pas ? « C’est dangereux, de jouer avec le feu, ça ne se contrôle pas. » Pourtant, c’est précisément ce qu’on fait avec elle : essayer de la contrôler. Tous. Hommes comme femmes. La vérité, c’est que j’ai besoin d’elle. Elle balance mon syndrome de la bonne fille, la bonne mère, la femme spirituelle. Les trois autres phases du cycle. Je ne peux me sentir complète sans elle, je ne peux pas l’utiliser juste à mon avantage, en la mettant à mon service comme une esclave, sans l’assumer dans le monde. Ca ne fonctionne pas comme ça. Le sauvage ne s’apprivoise pas. En tentant de faire cela, de séparer ce qui est entier, on tombe dans le dédoublement de personnalité. On agit bien le jour et mal la nuit. Ou bien on n’assume pas du tout et on se contrôle tellement en permanence qu’on finit par tomber en dépression. Dé-pression, retirer la pression. Ôter le bouchon. Ouvrir la soupape. Parce que la vie trouve toujours un chemin pour s’exprimer, quitte à détruire toutes nos bases pour que l’on puisse recommencer. Ne jamais sous-estimer la puissance du sauvage à sortir de la cage dans laquelle on l’a enfermé.

De toutes les femmes du cycle, la femme sensuelle, la femme mûre, est celle qui déchaîne le plus les passions. On l’idolâtre secrètement, on fantasme sur elle mais en public, elle est crachée, répudiée, exilée, parce qu’on ne lui pardonne pas de récupérer le fruit de nos efforts, de gagner sans jouer le jeu du paraître, d’être aussi immorale et impudique. C’est la pute, la strip-teaseuse, la voleuse d’hommes, l’objet des fantasmes inavoués, la reine des bas instincts, le poison voluptueux, la colérique, l’hystérique, la traîtresse qui déterre nos projections, nos instabilités. L’enlumineuse de fragments, la collectionneuse de secrets.

Tant que cette femme sera crainte plus que respectée, elle continuera d’hurler et de séduire à la nuit tombée. Elle dérangera la jeune fille légère et charmeuse, la mère douce et empathique, la femme sage et spirituelle. Si je n’accepte pas cette part de sensualité qui m’habite, cette sexualité, je reste morcelée. Je continuerai d’être fascinée et repoussée par les femmes qui incarnent pour moi cette sensualité libre de toute morale, et je continuerai de les condamner, de les envier, de me convaincre que je suis différente d’elles. Qu’elles ne sont pas une partie de la vérité, mais une déviance qui doit être tempérée, corrigée, réfrénée. Je les mettrai en cage comme je le fais à l’intérieur de moi, par peur d’être jugée.

La femme sensuelle révèle les ombres qui dorment en nous, toujours. C’est son rôle de gratter sous la surface et d’y faire remonter tout ce qui ne sent « pas bon ». Quand elle est emprisonnée, ce sont les ombres des autres phases du cycle qu’elle met en lumière, créant la rivalité à l’intérieur de nous, comme à l’extérieur.

La jeune femme dit « Je sais charmer et m’amuser, mais ça ne fait pas de moi une salope ». Elle marche sur elle en clamant « Non mais c’est vrai ! C’est cool de s’amuser un peu, tu peux avoir envie de plaire sans pour autant faire ta pute en manque. Il y a des limites. » La mère dit « Cette traînée tourne la tête des hommes et créé de la discorde, de la jalousie et de la compétition entre les femmes. Qu’on l’exlue ! » Elle jette des pierres sur elle, refusant d’explorer ses ténèbres et se rassurant sur le fait qu’elle se trouve du bon côté. La femme sage dit « Cette gamine ne respecte pas ce qui est sacré, elle salit et détruit tout ce qu’elle touche. » Elle crache sur elle avec dédain en ajoutant « Moi, je suis pure, je maîtrise mes pulsions, je suis sur le chemin de mon évolution, pas comme l’autre là. »

Et chacune se sent mieux d’avoir déchargé sur la femme sensuelle ses démons inconscients. Elle est la martyre, celle que l’on sacrifie sur l’autel des bien-pensants, la punk qui dérange tout le monde dans ses fonctionnements. On rêve d’elle sans se le pardonner et on lui fait porter le pêché originel pour avoir réveillé les démons qui sommeillent en nous.

Elle dérange, car elle dit tout haut ce que personne ne veut entendre et fait ce que personne n’ose faire. On la méprise et on la fuit pour ça, mais on y revient quand même car secrètement, on admire son côté « brut de décoffrage », on aimerait oser en faire autant. Une part de nous sait qu’elle touche à quelque chose de juste, et on repart pour un deuxième round avec elle. On l’associe à la violence, la colère, l’extravagance, aux tabous, aux vices, mais aussi à la passion, au désir… Elle est le mal qui nous ronge en permanence, celui contre lequel on lutte et auquel on s’abandonne épisodiquement. Elle est la pulsion de vie qu’on étouffe. L’animal en nous que l’on pense avoir soumis, castré, bien éduqué, fait évoluer… sans comprendre que plus on l’écrase, plus on l’humilie et plus il revient. Il aboie et hurle à la nuit pour se faire entendre.

C’est l’enfant sauvage qui mange mal à table et qui se fout des conventions. Non pas par envie de rébellion, mais parce que cela répond à un élan naturel chez lui. C’est cet élan que l’on perd en grandissant et que l’on peine à récupérer ensuite.

C’est la femme à qui on en a fait tellement bavé qu’elle n’a plus rien à perdre. Plus aucun jugement ne peut l’arrêter, parce qu’elle connaît les moindres recoins de ses ténèbres intérieures, tous les chemins de son plaisir. Elle fait de l’or avec ses ombres, créant à partir du néant qui l’habite et c’est cette puissance qui la rend effrayante aux yeux des autres.

Elle est le serpent tentateur responsable de la chute, parce que personne ne veut assumer ce rôle-là. On a tous besoin de se trouver un responsable pour l’accuser de tous nos malheurs. Le serpent, lui, sait bien qu’il n’a fait que pointer du doigt ce qui était caché. C’est dans sa nature de serpent de sentir ce qui vibre sous la surface des choses. Il vit au ras du sol, lui.

Elle est la lanterne qui éclaire dans la grotte. Pourtant, on la confond avec les ombres qu’elle nous montre et qui nous effraient. En tirant sur le messager et en ressortant de la grotte en courant, on se croit victorieux et les ombres grandissent en ricanant.

Face à l’intensité brûlante de la femme sensuelle, les autres font les tièdes, les chats échaudés. Ils ont peur de la vie et entretiennent leur pulsion de mort en espérant se sauver. Ils se figent, se raidissent, se protègent contre la femme sans vertu ni principe. Ils érigent des lois et des limites en rempart, pour garder le troupeau loin de la bête affamée. L’enfiévrée, la mal-apprivoisée. Car tous craignent le loup qui grogne en eux quand le berger est parti se reposer.

En libérant cette femme en moi, en la laissant s’exprimer de manière consciente, je fais la paix avec elle. Je libère ma sexualité, ma créativité, ma confiance en moi, et j’autorise les autres à faire de même. Il me semble que les femmes aujourd’hui, plus que jamais, ont besoin de cette femme-la pour se rééquilibrer, s’ancrer et se reconnecter à leur feu créateur. En ce moment elles rejoignent le sacré, et c’est très bien, mais tant qu’elles jugeront le bas indigne, elles ne pourront atteindre l’épanouissement intérieur auquel elles aspirent.

Elles retiendront leurs pulsions le jour et se toucheront la nuit. Mépriseront les salauds en paroles et pensées et leur cèderont la nuit. Elles joueront les prudes, les bonnes mères, les spirituelles le jour et les traînées la nuit. Elles se culpabiliseront, se victimiseront, se jugeront, et, se coupant de leur sexualité, deviendront de petits animaux sans défense incapables de jouir, créer, s’engager et se défendre. Elles tomberont amoureuses d’hommes capables de vivre pour elles ces besoins qu’elles ne s’autorisent pas, afin de pouvoir les vivre par procuration. Au moins le temps que dureront ces projections, puis elles trouveront ces mêmes hommes pervers, narcissiques, manipulateurs, séducteurs, faibles, queutards… Elles se sentiront salies, trahies, dupées par la femme sensuelle qu’elles condamnent en elles. Et elles referont un tour de manège, se rendant dingues de leur écartèlement intérieur sans comprendre d’où vient le problème.

Par fierté, elles refuseront d’accepter la main tendue par la femme sensuelle, qui pourtant possède une immense générosité et toutes les clefs manquantes pour ouvrir les portes fermées. C’est par elle que passe le pardon et l’acceptation. C’est elle qui sait où se trouvent les ressources oubliées qu’il nous faut déterrer pour avancer. Les émotions qu’on a verrouillé, les qualités qu’on a remisé au fond de la cale avec les souvenirs mal digérés. C’est elle qui peut nous apprendre comment transformer nos expériences et alchimiser nos souffrances. Comment poser nos limites, nous défendre, nous faire entendre, prendre notre place dans le monde. Comment vivre de manière équilibrée notre désir et écouter nos instincts.

C’est dans son antre que se trouvent tous les trésors d’idées qu’on n’a pas encore conscientisés. C’est elle qui nous souffle qu’on peut changer notre réalité en ôtant les barrières qu’on avait posé. Elle que l’on critique constamment, qui sait que rien n’est à jeter, que tout peut servir un jour. Que sans nos ombres nous ne sommes pas un être entier. Juste une moitié flottante au gré des marées.

Elle est l’énergie vitale qui sommeille en nous et que l’on recherche désespérément pour ne pas partir à la dérive. On ne peut ni la contrôler, ni la faire taire, ni la posséder. Il n’y a qu’en la libérant qu’on peut jouir de sa présence. La femme sensuelle se donne à tous et n’appartient à personne.

Elle est la vie.

*

Et toi, tu en es où dans ta relation avec la femme sensuelle ? Quel regard portes-tu sur les femmes qui sont dans cette énergie-là ? Dis-le moi dans les commentaires. Tu penses que cet article peut intéresser quelqu’un ? N’hésite pas à le lui partager 😉

21 comments

  • Marion

    Waouh Lou! Merci pour cet article, si bien écrit, qui sort des tripes et vient retranscrire ce que chaque femme à au plus profond d’elle-même.
    Cette femme sensuelle vient me chercher de temps en autre. Sa présence me fait penser à Kali qui n’hésite pas à se salir les mains et tirer la langue s’il y a besoin. Quand je la sens, je sens la puissance, je sens autant la puissance, la force que la vulnérabilité et la générosité. Malheureusement, ses passages sont assez furtifs. Ton article m’invite à aller à sa rencontre plus souvent (au lieu d’attendre qu’elle vienne à moi) et la laisser s’exprimer pleinement!

    • Lou des Steppes (author)

      Merci pour tes mots Marion ! Oui, c’est Kali, Sara la Noire, et tant d’autres noms encore… c’est elle qui te pousse à t’affirmer, déranger, à roter et péter avant de finir constiper, à tourner en ridicule ce en quoi tu crois, à rouler du cul et te déhancher quand tu marches trop droit, à manger du fast food bien gras alors que tu es au régime et à gémir trop fort pour tes voisins qui n’imaginent pas que ce soit cette fille discrète qui puisse crier comme ça. La jouissance des choses irrévérencieuses. Elle lubrifie tout ce qui tend à la rigidité. Une fois bien intégrée, notre rapport domination-soumission avec elle s’apaise (l’unité restaurée, la dualité disparaît) et au lieu de céder avec excès et violence à ses bas instincts, on les tempère et on y puise toutes les ressources cachées : la confiance et l’affirmation de soi, l’ancrage, la manifestation créative, la sensualité, l’acceptation, le pardon, l’amour… et on passe ainsi à la phase suivante : la vieille femme.

      On nous a tellement appris à bien nous comporter que franchement, il y a du boulot à faire avec elle pour se décoincer. Mais chaque fois qu’on fait consciemment appel à elle, ou plutôt qu’on la laisse s’exprimer, on le reconnaît parce que derrière le sentiment de honte, il y a la jouissance. Toujours 😉

      kali

      • Lou des Steppes (author)

        D’ailleurs, parce que ça tombe à pic avec cet article, j’ai découvert aujourd’hui une étymologie intéressante, qui m’a fait réaliser pourquoi je trouvais les symboles et archétypes aussi puissants pour l’intégration, l’unification de ce qui semble séparé : diable (dia bolé) : ce qui sépare / symbole (sun bolé) : ce qui met ensemble

    • Muriel

      J’ai l’impression de me.retrouver dans votre texte.
      Comme si ça me manquait..je dois faire parler la femme sauvage qui est en moi.
      Je dois.me libérer. Merci lou des steppes

  • MyMantra

    Wow… ces mots me parlent tellement que ça fait peur. Je suis justement en train d’essayer de l’embrasser en permanence pour ne plus me perdre, pour rester encrée et fidèle à moi-même, pour ne plus faire ces projections envers des hommes… Ce n’est pas toujours évident car la femme sage et spirituelle en moi ne sait pas comment devenir UNE avec cette sauvageonne… J’apprends petit à petit.
    Mille mercis pour ce partage éclairage 🙏

    • Lou des Steppes (author)

      Oui la femme sauvage fait toujours un peu peur ahah ! Je suis passée par une période cette année où, par désir d’exploration de ce côté-là que je ne faisais qu’effleurer puis fuir, j’ai tant libéré son énergie qu’elle m’a fait vraiment peur. Là où avant je la restreignais, cette fois je l’ai complètement laissé sortir. Or, toute énergie, en déficit ou en excès, induit un déséquilibre dans le corps. J’avais constamment chaud, je débordais d’une énergie électrique incontrôlable que je peinais à équilibrer car je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. J’ai senti sa puissance, son pouvoir d’attraction et de libération des ombres (les miennes et celles des autres), qui vient avec son côté incontrôlable, qui brûle de l’intérieur et fait trembler le corps.

      Ce qui m’a captivé particulièrement, c’est que son énergie n’a pas nécessairement à voir avec notre comportement extérieur. Je pouvais sortir dans la rue habillée comme un sac, sans rechercher à séduire ou même communiquer, et en croisant des regards d’inconnus, je lisais en un éclair tout ce qu’ils se cachaient de pulsions, de colère, de désir retenus. Ces inconnus m’arrêtaient, troublés, et se mettaient à me parler. Comme ils n’avaient pas anticipé/prévu de m’accoster, ils disaient des choses absurdes et incohérentes, se surprenant eux-même de ce qu’ils disaient, sans pouvoir se retenir. Ils m’avouaient leurs pires défauts, leurs viles tendances, et me demandaient ensuite si je souhaitais venir boire un verre avec eux ou avoir mon numéro. Pour autant, ça ne ressemblait en rien à de la drague de rue. A bien les regarder, ils paraissaient vulnérables, ensorcelés, clairement pas dans leur comportement habituel, et leur conversation n’avait ni queue ni tête.

      Les femmes m’observaient avec fascination et répulsion, comme j’observais avant les femmes “de l’autre côté”. Certaines m’avouaient sentir que j’émanais quelque chose qui leur manquait, sans parvenir à mettre le doigt dessus. Des amis à moi, les plus sensibles/romantiques, m’ont regardé sous un tout autre jour (sexuel et passionnel) et ça leur a tourné sévèrement la tête. L’un d’entre eux m’a même dit « tu n’as jamais semblé aussi “femme” qu’aujourd’hui. Tu dégages vraiment quelque chose qui n’était pas là avant, c’est troublant. » En dansant dans un bar, un employé m’a demandé si par hasard je cherchais du boulot et si je pouvais être intéressée par un job d’hôtesse de bar à champagne ; le genre où tu fais consommer de l’alcool aux clients en leur faisant croire que tu coucheras avec eux. Je me suis pas encore remise de cette proposition :p Je ne dansais même pas de manière sensuelle, lascive ou quoi que ce soit, c’était une chanson punk-rock. Autre fait étrange : des personnes venaient spontanément me voir pour me montrer leurs verrues, dans un parc ou un hall d’immeuble, alors que nous ne nous étions jamais parlé auparavant. Je pouvais sentir quelle émotion ou ressenti refoulé(e) avait déclenché cette apparition des années plus tôt, et j’étais capable en échangeant avec eux de les remettre en contact avec pour les aider à la/le libérer.

      Franchement, toutes ces interactions sociales surréalistes m’ont fait autant marrer que flipper et j’ai fini par me (re)couper de tout ça. Le temps de trouver comment réouvrir doucement la porte, plutôt que de l’ouvrir en grand subitement. J’y ai vu beaucoup de potentiel à explorer, mais tout à fait hors de contrôle à ce moment-là.

      Comme toi, la femme sage/la vieille femme en moi bloque souvent l’accès à la femme sauvage. Je vois qu’il en est de même chez quasi toutes les personnes versant dans la spiritualité dans mon entourage. On lui ouvre et lui ferme la porte en permanence, apeurés de l’effet qu’elle nous fait. Pourtant, à la période dont je viens de te parler, j’avais tâché de les faire cohabiter ensemble, en laissant sortir la sauvage et en demandant à la sage de veiller sur nous pour que l’on ne s’égare pas trop loin. De nous protéger à l’extérieur pour que l’on puisse explorer l’intérieur sans crainte. Travailler avec la femme sauvage demande de lâcher prise sur les mœurs, la moralité inconsciente, les principes, les jugements… Voilà pourquoi, probablement, les gens venaient se confier à moi sans crainte d’être jugés (plus encore que d’habitude, car ici cela touchait vraiment à des tabous profonds). Ceux qui n’assumaient pas consciemment leurs tendances les ont projetées sur moi sans comprendre ce qui leur arrivait. Tout cela est retombé comme un soufflet quand j’ai refermé la porte, comme si ça n’avait été qu’un rêve passager qu’ils avaient imaginé.

      Donc oui, l’énergie de la femme sauvage peut être carrément flippante, surtout si on n’a pas conscience qu’on vient de la libérer et qu’on ne comprend pas d’où viennent ces changements dans les réactions sociales. Qu’on se perd (et qu’on laisse les autres se perdre) dans les projections ou qu’on se culpabilise. Après, je crois qu’il existe des manières plus douces de la libérer et c’est ce sur quoi je travaille en ce moment. A lui faire une place au quotidien de manière consciente, par la danse, la voix, la création ou toute autre activité qui lui convient pour s’exprimer librement. 🙂

  • Evelyne

    Magnifique texte dans lequel je me reconnaît car j’ai rencontré, enfin!, un Homme qui me libère dans cette énergie sexuelle, féminine et créatrice!
    La Femme sauvage en moi s’exprime de plus en plus en toute liberté, sans gêne ni tabou, dans sa puissance d’être!

    • Lou des Steppes (author)

      Je suis ravie pour toi Evelyne. En effet, trouver le bon compagnon (ou la bonne compagne) de voyage qui nous respecte peut permettre à la femme sauvage de se sentir plus facilement libre de s’exprimer et de s’explorer sans crainte d’être jugée. Elle est alors bien plus équilibrée dans son énergie au quotidien. 😉

  • Simone

    Bonjour et merci pour ces mots qui me réconcilient avec la femme sauvage que je n’ose pas laisser s’exprimer !
    Merci, merci, merci

    • Lou des Steppes (author)

      Merci à toi pour ton retour Simone. C’est toujours un plaisir de savoir que mes mots font écho quelque part dans le cœur des autres et les aide à s’accepter. Ca m’encourage à continuer sur cette voie 😉

  • Nathalie

    Un grand merci à toi pour cet excellent article écrit avec le coeur. Je m’y retrouve et encore plus dans ton témoignage via les commentaires. Que dire ? Je lis en ce moment “Au nom du corps” de C. G, depuis quelques jours, j’ai des révélations, des synchronicités se manifestent et mon intuition prend toute la place. Je viens de rédiger un article sur mes ressentis de femme qui veut être libre. Et là, que vois-je ? Le titre de ton article publié sur un groupe FB et j’avoue qu’il est assez provocateur^^ et en phase avec ce que je vis. J’ai l’impression de ne plus rien contrôler, d’avoir déclenché quelque chose de plus grand que moi. Outre le fait que mes sens vibrent au maximum, j’attirent les gens vers moi. Ils ou elles se confient facilement à moi, cherchent ma compagnie. Le plus troublant c’est ce qui m’est arrivé dernièrement. Alors que je portais un polo et un short en jean assez masculin, un mec m’a abordé à un arrêt de bus pour savoir s’il y avait des femmes par ici…euh…oui des femmes pour faire l’amour. En clair, le mec m’a traité de pute. J’ai eu honte, je l’avoue.
    Je n’arrivais pas à comprendre ce qui se passait, jusqu’à la lecture de ton article. Et je pense effectivement qu’il vaut mieux libérer la sauvage en nous de manière consciente et à faible dose^^. Son énergie sera plus constructive 🙂 j’aurais bien aimée que tu partages la suite de ton exploration avec nous. A bientôt !

    • Lou des Steppes (author)

      Ahah c’est drôle comment nos expériences se font écho ! C’est dans des moments comme ça que tu te dis “ok, étant donné qu’extérieurement je ne fais rien pour provoquer ça, qu’est-ce que je dégage en ce moment comme énergie ?” On peut bien se raconter ce qu’on veut consciemment, l’énergie et l’intention ne mentent pas et c’est d’abord eux qui communiquent avec notre environnement.

      Je partagerai volontiers la suite de mon exploration quand j’aurai matière à le faire. Pour le moment, j’ai besoin de le vivre et de l’expérimenter. Mais n’hésite pas à venir aussi me faire des retours de ton côté, c’est toujours intéressant d’avoir plusieurs sons de cloche ! A bientôt Nathalie 😉

  • Maddie

    Chère Lou,

    Tes mots puissants , véridiques , vivifiants , dansent en moi tels des langues de vérités & de feus
    Dernièrement, ma Femme sauvage, ma Féminité , mon Moi Intérieure si Grande , s’est révélée en image , en flash intense de passion, de cambrures, de peau ronde à croquer et j’en suis émerveillée : je sais que c’est moi; comme toi, j’ai rencontrée par le passé ma Femme Sauvage, mon moi passion-incarnée , je me sentais belle, invulnérable, puissante, énergisée, fluide, incomprise, adulée et haïe, fascinante et oh combien désirable, et plus encore désirante ! J’avais tant en moi de vie ! Je la sentais vivre, palpiter , grandir, caresser tout mon être et ceux qui voulaient nous connaître, jaimaus avec ma peau, avec mes nerfs, mes tendons, tous mes organes, ma voix, mes fluides, je me sentais une déesse , si vivante !
    J’ai rencontré un homme, que j’ai séduit parce que je m’aimais, je me decouvrais totalement , en même temps que lui : il était en couple, il l’a mis en stand by , le temps de vivre à notre contact , de retrouver son énergie, de se gorger de ma peau, de mon énergie, de ne plus en pouvoir de mon pouvoir, de mon envie de toucher et de le faire toucher, de me faire entendre et de le faire entendre, d’explorer avec et dans lui…
    Nous nous sommes instantanément retrouvés dans les plaisirs de la chair, se frôlant pour mieux se frotter, se prendre l’un l’autre passionnément, sincèrement, impudiquement , de toutes les manières qui nous parlaient alors… nous avons tant exploré ensemble, j’ai tellement eu de plaisirs avec lui, mais, sa langue ne m’en a pas que donné et , elle a fini par atteindre mon coeur et ma Belle Sauvage lorsqu’il m’a dit qu’il ne voulait plus de nous. Parce que nous avions trop d’envies, trop de passions, trop de besoins , trop de feu
    Et ma Femme de feu s’est sentie douchée si froidement, que longtemps, elle s’est retirée loin de ma chair et surtout de celles des hommes que je cherchaient frénétiquement à séduire, à happer, à coucher , dont je cherchais à me faire posséder, pour la faire revenir ; mais, beaucoup trop souvent , rien ni personne n’y faisait : elle allume depuis des etincelles dans mon ventre, des élans dans les reins, elke remonte dans mon plexus tekke une boule qui roule et qui coince, alors qu’elle attend , que nous attendons de rayonner !! Chaque homme la fait rugir , lui laisse le goût de la possibilité, souvent je ne colpre ds rien à ses gouts, mais je regarde tout, je garde la mémoire et le champs des possibles ouvert-e-s ; je suis debout, les jambes droites, les pieds ancrés et je souris, et je rugis interieurement , j’attends !!
    Moi , la femme si douce, d’écoute , la missionnée de Lumières et de joies, je me sens coupée en deux : mon corps supérieur fin, mon corps inférieur plus lourd, et je tisse des liens entre eux deux, je laisse revenir et repartir les langues de feu, ma Féminité aux aguets, qui se rapproche de plus en plus de la chair.
    Je sais, je sens, je suis ma Sauvage
    J’espère que nous viendrons, à l’unisson, bientôt; que nous nous révéleront aux yeux de qui veut nous voir , que nous chanteront et danserons, que nous nous reconnecteront à un autre , que nous nous reconnaîtront .
    Je t’ai reconnue , et je me suis reconnue en toi
    Merci Lou , je t’envoie de belles pensées et énergies
    Que belles soient , encore et encore, tes découvertes de toi même et d’un-e compagnon-e

    • Lou des Steppes (author)

      Merci pour tes sulfureux mots Maddie, c’est toujours un plaisir de lire d’autres témoignages. En effet, je ressens l’énergie de la femme sauvage dans le tien, je ressens sa faim inextinguible surtout, son désir d’intenses connexions charnelles. Ah, s’harmoniser avec la femme sauvage n’est pas une mince affaire ! Je sens également cette “séparation” physique dont tu parles. Quand elle est en excès le bas de mon corps est lourd, quand elle est en déficit c’est le haut qui me pèse (et je manque d’ancrage, évidemment). Il nous reste encore du chemin à faire ahah, mais commencer à en parler publiquement est déjà un sacré pas. On se comprend, s’accepte et se pardonne plus facilement… On avance plus loin en unissant nos voies/x. 😉

  • Loove

    Magnifique article! Je ne te connaissais pas mais je vais lire le reste de ton blog avec plaisir.. Petite question, comment fais tu pour la laisser vivre ? Peux tu être plus précise là dessus? Comment la laisser s’exprimer? Simplement en osant dire oui quand on ressens oui et non quand on ressens non par exemple? (Ce qui n’est déjà pas une mince affaire..) je comprends bien qu’en la brimant elle devient destructrice et c’est ce que je vis au quotidien avec les compartiments entre la sage, la mère, etc mais concrètement du coup? Mais je n’arrive pas à sentir les moments ou je la brime.. Et du coup elle me prends par surprise. Comment sentir qu’elle s’exprime librement et comment la laisser s’exprimer librement??? Là pour moi ça reste un marasme que j’ai du mal à démêler.. Merciiiii

    • Lou des Steppes (author)

      Merci pour ton message Loove ! Concernant ta question, je pense que cette réponse appartient à chaque personne, et que par conséquent ma réponse ne te conviendra pas forcément. Mais pour démarrer, tu peux te demander quelle place est-ce que tu laisses à ta créativité et à ta sensualité au quotidien ? Où s’expriment-elles aujourd’hui et dans quels domaines sens-tu que tu te retiens de l’exprimer ? Ça peut être ton boulot, l’alimentation/cuisine, une activité sportive, les vêtements, les discussions amicales, le sexe,… à toi de creuser. Tu peux aussi te demander si/où est-ce qu’elles s’expriment en excès (quand tu es énervée, quand tu as bu,… quand ta conscience baisse sa garde et que l’inconscient reprend les reines) ? Enfin, y a-t-il des activités créatives et/ou sensuelles qui t’attirent mais que tu n’as jamais osé faire ? Une fois ce constat général fait, quelles décisions est-ce que tu prends pour leur faire plus de place consciemment ? Tu n’es pas obligée de t’attaquer à tout en même temps (c’est même déconseillé, ça ferait sans doute trop), mais déjà de t’autoriser une chose qui t’attire vraiment aujourd’hui dans un domaine que tu ne t’autorisais pas avant, c’est envoyer le signal à la femme sauvage que tu es prête à l’honorer. Une fois le premier pas fait, les autres deviennent plus faciles à faire. 🙂

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  • Hanna

    Comme il n’y a jamais de hasard, j’en déduis donc que c’est l’Univers qui m’a envoyée vers vous aujourd’hui et notamment vers ce texte… que je ressens si fort. J’ai passé la 1è partie de ma vie à ressentir cette insoumise en moi et à lui refuser l’accès à moi, sinon dans mes rêves et mes fantasmes. Ensuite, je lui ai laissé la plus grande place dans ma vie, pendant plusieurs années. Et quand je regarde en arrière, je me dis que c’était la plus partie de ma vie, celle où je me suis sentie vraiment vivante et complète. A présent, j’ai tourné la page et décidé (avec ma tête) de devenir “la femme spirituelle” à plein temps et même “la vieille femme”. Choix raisonnable, pour vivre tranquille et pour rassurer mes proches… Pourtant l’autre, l’insoumise, la folle n’est pas morte… wait and see……

  • Izabel

    Lou,
    J’ai poursuivi ma découverte de ton blog et voilà que je tombe sur cette article! Quel rendez vous ! !! Depuis plusieurs jours, je me questionne sur ce sujet qui n’a eu de cesse de revenir dans ma vie, mes relations mais aussi et surtout dans mon rapport à moi-même.
    Longtemps, apeurée, j’ai éloigné, enfermé ma Femme Sauvage. Elle était ma boîte maudite de Pandore. Mon douloureux secret. Ce que j’avais détaché de moi pour ne plus jamais y être associée. J’étais devenue mère, épouse et je souhaitais correspondre à un modèle de droiture, de vertu. J’y suis parvenue. En tout cas, c’est l’illusion que je m’en étais fait. Durant de nombreuses années au détriment de mon corps qui s’épaississait, gonflé par les remonte-moral lourds et sucrés , et par mon rôle de mère qui a vite pris le pas sur tout ce qui faisait de moi une femme. Je me fanais mais je n’avais pas réellement conscience de vivre séparée en 2. Puis la vie a fait que la Femme Sauvage, l’Indomptable, a souhaité reprendre sa place, elle n’en pouvait plus de se laisser ainsi mourir. Elle s’est mise à tambouriner dans sa boîte. Je l’ai d’abord ignorée puis curieuse, j’ai ouvert délicatement le couvercle. Telle une tornade elle est sortie avec puissance, rage et a failli tout dévasté sur son passage. Elle m’enivrait… J’ai été tentée lors d’une accalmie de m’en saisir et de l’enfermer à nouveau,pour de bon. Mais tu as raison, et je l’ai senti ainsi alors, ma vie a besoin d’elle. J’ai besoin d’elle. Je ne me sens complète que lorsqu’elle fait pleinement partie de ma vie et qu’elle peut s’exprimer librement. Mais cest un sacré depuis défi. Depuis la colocation s’est amorcée et je tente chaque jour de concilier mes deux extrêmes. C’est un travail plus que lourd mais je me sens tellement plus moi même depuis. Le livre Clarissa Pinkola Estes, Femmes qui courent avec les loups m’a beaucoup aidé. C’est en quelque sorte ma bible😂😂😂 tu connais?
    Cependant ma sensualité me terrifie parfois tant elle peut se montrer puissante et je peine encore à lui trouver le moyen de s’exprimer sans détruire tout mon univers. Y parviens tu de ton côté ?^^
    Merci encore. Un plaisir que de te découvrir 🙏

    • Lou des Steppes (author)

      Bien évidemment, je connais le livre de Clarissa, livre que ma mère m’a mis entre les mains en… 2012, je crois (pas sûre) et qui a ouvert une première faille dans laquelle la femme Sauvage a su s’engouffrer. C’est probablement le livre que j’ai le plus souvent offert à mon entourage. Et chaque femme que je connais l’ayant lu en a fait son livre de chevet en le conseillant vivement à d’autres, comme un secret que l’on se refile en douce, à l’abri des regards, pour réveiller ce qui était endormi. Ce livre est très fort, car les contes parlent directement à l’inconscient au travers de symboles et Clarissa, qui en connait la puissance initiatique, a su donner le mode d’emploi moderne et poétique pour les appréhender. Elle a également écrit “Libérez la femme puissante” qui vaut aussi le coup d’être lu, mais qui je pense attirera moins de personnes (dissuadés par les archétypes religieux).

      Quant à l’expression de ma sensualité, comme je l’ai écrit dans un commentaire plus haut, je peine encore à équilibrer cette énergie. Elle est soit en excès, soit en déficit. Travailler avec le cycle et le cerceau aérien depuis cette année m’aide à à l’explorer davantage, mais face à la chape de croyances qu’on lui a mis sur le dos, c’est un travail de libération qui demande du temps et de nombreux ajustements avant de trouver sa stabilité. Néanmoins, pour rien au monde je ne reviendrai en arrière, d’autant que c’est une joie de constater que chaque couche que je libère libère aussi des femmes autour de moi. Nous allons y arriver et chaque commentaire posté sur cet article me redonne la foi vis-à-vis de ça 😉

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