Ton marché s’en fout que tu sois douée ou modeste : quoi faire pour te démarquer ?

« Je sais pas quoi dire, j’ai rien d’intéressant ni d’original à raconter. J’ai pas vraiment de vision, de traits de caractères remarquables ou d’opinions fortes comme d’autres. Ma spécialité, c’est plus le doute et la remise en question. J’ai pas d’orientation particulière, je m’intéresse à tout. J’veux pas qu’on ai l’impression que j’me la pète. Et si mes proches tombaient sur ce que je pense réellement ? Mais si je dis ça, les gens vont me lyncher ! Et si les gens pensaient que je ne faisais ça que pour ma gueule ? Ou pour l’argent ? Qui suis-je pour me permettre de dire ça ? »

Voilà ce que j’entends à longueur de journée. Et chaque fois, ça me fait grincer les dents, parce que cette confusion générale prend racine sur des croyances auxquelles quasi tout le monde adhère de manière absolue. Parce que ces croyances exhaussent notre glorification culturelle de l’effort et renforcent nos figures martyrs du génie ou du saint (oui ça peut être jouissif de se victimiser, tu en doutes ?), on ne les remet que rarement en perspective, à leur juste place. Du coup on se laisse mener par elles, inconsciemment.

Pourquoi ? Parce que ce serait admettre qu’on s’est fait avoir, pardi ! Qu’on a été la bonne poire de service. Que ce qu’on a fait jusque là comptait pour du beurre et qu’on se l’est servi en tartine à chaque petit déjeuner. Poulalah ! Ça, l’ego, il kiffe pas trop. Alors on retrousse ses manches et on redouble d’efforts pour se prouver qu’on ne s’est pas trompé. Que, bientôt, ça va payer. On se culpabilise à longueur de journée de pas être au niveau, et on se calme en se disant que demain, les gens finiront bien par reconnaître notre valeur… hein ? Il suffit de prendre son mal en patience. Contes de fées pour adultes, tome 1.

En business, une vérité dure à accepter, c’est que pour attirer l’attention, il importe assez peu que tu sois exceptionnellement douée, innovante ou modeste.

Ça peut même être un sacré handicap. Tu veux que je te rappelle combien d’artistes talentueux, humbles et avant-gardistes ont crevé de faim ? Évidemment que ces qualités comptent, et peuvent participer à paver la route vers ton succès, mais d’ici à ce que tu te sois construit une réputation qui t’affranchisse de la nécessité de te présenter, en attendant, il va quand même te falloir manger, right ? Or pour être vue, tu as besoin de te rendre visible, de te montrer.

Si tu veux que les gens reconnaissent ta valeur, il te faut d’abord la connaître, ensuite la leur communiquer.

Mais comment attirer l’attention à une époque où les gens n’en n’ont presque plus et où les concurrents se multiplient plus rapidement qu’on a le temps de les compter, quand on n’est pas super chaud pour suivre la tendance “culte de ma personnalité” et qu’on n’a pas des millions à balancer en publicité ?

Plot twist, my dear. Storytelling.
Rien de tel qu’un bon rebondissement pour qu’on se rappelle de toi !

Plot twist : structure narrative utilisée le plus souvent au cinéma dans laquelle un retournement inattendu amène le spectateur à voir l’histoire sous un angle différent et le pousse vers une nouvelle interprétation de l’ensemble.
Exemples : Sixième sens, Fight Club, Shutter Island, la série Westworld

L’inattendu en business, c’est ce qui te permet de te démarquer immédiatement sur ton marché. Pas demain, pas quand tu auras fait ton énième formation trucmuche, pas sur le long terme après avoir prouvé au monde la valeur de ce que tu avais à offrir (parce que pour ça c’est cool, mais il te faut déjà avoir attiré des clients hein ? Soyons logiques).

Aujourd’hui.
Et par inattendu, je n’entends pas qu’il faille que tu présentes un truc supra-original-jamais-vu-de-ouf. Je sens le mal de crâne et la paralysie mentale d’ici… Non, juste que tu te présentes toi.

« Pour te démarquer, sois toi-même ? Ah ben putain, merci Bobby. J’ai vraiment lu tes pavés jusque là pour que tu finisses par me servir une vérité digne d’un tableau de citations Pinterest ? Cimer…
On se calme, Albert. J’ai pas fini. »

Quelque chose chez toi, dans ton histoire, tes bifurcations, tes questionnements, te rend unique aux yeux des autres. Ce quelque chose est relié à ta vision singulière et te permet de commencer à la déployer, même si tu n’as pas encore mis le doigt sur sa nature exacte. Il peut prendre des formes différentes. Je vais te donner ici 4 exemples.

Peut-être que :

1) Tu fais le pont entre deux mondes professionnels ou compétences qui n’ont apparemment rien à voir

Multipotentielles, you’re gonna be happy with that one ! Je te donne mon exemple : je fais le lien entre le monde du coaching et de la communication. Deux mondes qui, pour beaucoup, sont à l’opposé. 

Pour moi le lien, c’est le fait de pouvoir exprimer pleinement qui tu es pour créer de vraies relations avec ta tribu. Je fais cela car je crois qu’une fois connectée aux personnes qui reconnaissent ta valeur, c’est là que tu t’épanouis le plus, laisses s’exprimer ta vraie nature et trouves l’élan de réaliser ton plus haut potentiel.

Or, sans conscience de qui tu es, des histoires que tu te racontes et de celle que tu veux partager aux autres (monde intérieur, coaching), ça va être difficile de positionner dans le monde. Tu vas surtout te laisser balader au gré des marées. Et sans conscience de ton environnement, des différentes formes de langage qui t’entourent (monde extérieur, communication), well, disons que tu vas avoir du mal à te faire comprendre.

Parce que ma quête personnelle (qui suis-je et pourquoi est-ce que les gens n’expriment pas qui ils sont en société ?), m’a fait creuser (entre autres) dans ces deux domaines-là pour trouver des réponses à mes questions et que ce sont ceux-là qui m’ont apporté le plus de résultats, je les rassemble aujourd’hui d’une manière unique (avec ma personnalité, mes goûts) pour aider celles qui voudraient répondre à ces mêmes questions : qui suis-je / comment est-ce que j’exprime ça dans le monde ?

2) Tu es passionnée par un sujet ou une cause à côté de ton business

De nombreuses entreprises se sont fait connaître, non pas pour leur produit ou service, mais parce qu’elles reversaient une partie de leurs bénéfices à une cause qui leur tenait à cœur. C’est le cas de l’entreprise Tom’s et de son slogan « One for one », chez qui acheter une paire de chaussures ou de lunettes en garantie une autre à quelqu’un dans le besoin. Elle a été fondée après que son créateur soit tombé sur un enfant sans chaussures lors de l’un de ses voyages en Argentine.

Mais peut-être que ton délire à toi, ce n’est pas les causes humanitaires, mais les séries de science fiction des années 90 ! Ou que, comme Flora Douville, tu es passionnée par l’univers d’Harry Potter et souhaite t’en servir pour transformer ta formation d’anti-conseil en image en école de magie. De quelle manière pourrais-tu relier ton centre d’intérêt avec ton business ? Parce que si tu es passionnée par les deux, il y a fort à parier que tu fasses partie des rares personnes à pouvoir faire un parallèle (improbable) entre ces deux choses et, par la même, exposer ta vision unique à des gens qui se souviendront de toi !

3) Tu t’adresses à une cible extrêmement réduite (niche)

Peut-être que tu as une spécificité rare, incomprise ou taboue qui fait que tu as galéré à trouver des solutions à tes problèmes par le passé, et qu’aujourd’hui tu veux aider d’autres personnes dans le même cas que toi pour leur faire gagner du temps et leur éviter les souffrances par lesquelles tu as du passer ? Ex : coach pour épileptiques, porteur-ses du VIH ou femmes qui mesurent plus d’1m90.

Well, dans ce cas, te démarquer est assez facile, puisqu’il n’y a peu ou pas de concurrents sur ton marché. Il te faut juste trouver comment t’adresser à ta cible (meaning : connaître ses besoins/problèmes mieux qu’elle et les mots qu’elle utilise pour en parler).

4) À côté de ton business, il y a quelque chose d’inhabituel te concernant

Peut-être que ta spécificité ne réside pas du tout dans le business model que tu proposes, les domaines que tu rassembles ou la cible à laquelle tu t’adresses. Peut-être que ce qui te rend unique, c’est ce que tu fais À CÔTÉ de ton business.

Tu doutes que ça ai le moindre impact sur ton business ? Well, le meilleur exemple que je puisse te présenter en la matière, c’est le mien.

Je fais du Shibari 7h par semaine depuis 1 an 1/2. Mais parce que c’est encore une pratique assez taboue et mal comprise par « les moldus » (ceux qui ne l’ont jamais pratiqué), les personnes au sein de l’asso où j’en fais sont toujours flippées que « ça se sache ». Elles ne veulent pas perdre leur boulot, souvent lié à des institutions publiques. Si tu es parent par exemple, je te laisse imaginer comment ça peut être reçu d’apprendre que ton gosse fait son éducation auprès d’un prof qui, le soir venu, attache des gens (ou se fait attacher) pour se détendre… Sociopathe ou deviant-sexuel, bonjour ?

Pour cette raison, parler de Shibari sur ma page m’a valut d’être retenue immédiatement dans la tête des gens comme « la coach qui fait du Shibari ». Même en n’ayant fait que quelques rares posts là-dessus, j’ai marqué les esprits. De plus, en bonne mind-fuck lover, je savais que poster une photo de moi attachée réveillerait bieeeeen des projections quant à l’archétype de la femme soumise ou de la pute (merci inconscient collectif). Que cette image allait entrer en lutte avec la perception que certaines membres de ma communauté se faisaient de moi (bien plus que si j’avais posté une photo de moi attachant quelqu’un) et donc, créer de la confusion dans leur tête.

Aaand I have to admit : I love playing on that level of mind-troll with my own image, so people can have “fun” meeting their own projections. It’s like « Okayyy ! Human experimentation n°351 ! Let’s see what is going to happen if I now press that button ; how people are gonna react… »

J’aurai pu me dire que poster ça, c’était signer la fin de ma crédibilité professionnelle et donc, de mon business. Mais parce que j’ai créé un business autour de communiquer en étant moi et que ce moi adore bousculer les idées reçues dans la tête des gens (surtout si ça concerne la manière dont les femmes se perçoivent et perçoivent les autres), c’était un acte fort. Au lieu de m’enterrer, ça a ouvert la conversation sur le sujet. Du fait que c’était moi qui le mettait sur la table, et que ces femmes s’accordaient déjà avec moi sur d’autres sujets, elles se sont arrêtées quelques minutes sur leur ressenti avant de me juger, ont posé des questions, voire m’ont courageusement livré leurs projections. Parce que oui, il faut du courage pour exposer publiquement sa manière de penser sur des sujets tabous.

Ces partages ont généré de touchantes prises de conscience individuelles, une plus grande acceptation de soi et de l’autre, et ont aussi renforcé le lien de confiance que j’avais avec ma communauté. J’ai même découvert que certaines personnes me suivant depuis longtemps faisaient aussi du Shibari (quand je te dis que ton client idéal te ressemble !), chose que je n’aurai probablement jamais apprise sans avoir publié à ce propos ! Et ça, c’est pour moi, toute la magie de communiquer en étant toi : partager ton univers pour ouvrir aux autres de nouvelles portes, faire tomber les barrières mentales, créer de réelles connexions.

Voilà comment une activité privée, en apparence absolument pas reliée à ton business, peut te démarquer sur ton marché et te donner l’occasion de partager ta vision. Ça peut aussi être quelque chose de bien plus simple, voire totalement no-big-deal dans ta vie quotidienne, mais qui change de perspective dès lors que tu le connectes à ton activité. Si par exemple tu es bien plus jeune ou plus vieille que la plupart de tes concurrents, si tu es plus grande ou plus petite, si tu es une femme ou un homme, si tu habites en France ou à l’étranger, que sais-je…

Cette caractéristique peut être « normale » le reste du temps mais te démarquer des autres dans ton industrie. Peut-être même que tu la perçois, à tort, comme un défaut que tu dois cacher/compenser, alors qu’elle t’offre un point de vue unique, un avantage de dingue sur les autres. Ça ne fait pas nécessairement de toi quelqu’un de meilleur (ça ça dépend de ce que tu choisis d’en faire), mais ça te rend différent. Et la différence, c’est ce qui te démarque des autres sur ton marché.

Now it’s your turn. #actionstepbaby

Je t’ai donné 4 exemples possibles pour définir ta spécificité et retenir l’attention de ta communauté idéale.
Tu peux faire le lien entre :

  • Deux domaines ou compétences qui n’ont rien à voir ensemble
  • Ton business + un sujet qui te passionne / t’obsède
  • Ton business + la cible restreinte à laquelle tu parles
  • Ton business + un détail marquant à propos de toi

Choisis celle qui te parle le plus et rédige un post sur les RS là-dessus dès aujourd’hui.
Ne te contente pas de nommer ces deux choses, explique quel est le lien que toi tu fais entre.
Tag-moi dedans (Lou des Steppes) pour que je puisse découvrir, à mon tour, ce qui te rend unique 😉
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6 comments

  • Aline

    Merci pour cet article que j’ai adoré lire!
    Ma “démarcation” réside dans le fait que je lie développement personnel – spiritualité à l’entrepreneuriat et on m’a parfois dit qu’on aimait mon univers pour ça (en plus d’autres choses)! =)

    • Lou des Steppes (author)

      Et pour toi qu’est-ce qui relie les deux ensemble ?

  • Julien

    J’ai beaucoup aimé lire ton article, merci à toi !
    Du coup en creusant de mon côté c’est de mettre en commun le coaching et la performance (mais pas la mauvaise hein :P) avec pour lien direct le fait de ressortir le meilleur des gens et de les voir s’épanouir et évoluer pleinement.

    Après pour me démarquer encore plus y a de quoi faire … les singes, les tatouages … 😀

    • Lou des Steppes (author)

      De.. Les singes et les tatouages ? Je veux savoir XD

      C’est quoi pour toi “la bonne performance” ?

  • joanna

    Coucou ! Merci beaucoup pour cet article !
    Moi je suis entrepreneure à Istanbul, j’accompagne les femmes entrepreneures dans leurs phases de questionnement à réaligner leur activité 🙂
    La Turquie c’est mon pays de coeur bien que je n’ai à la base aucun attachement familiale avec ce pays 😉
    Cette article m’aide beaucoup car je peine encore à trouver des clientes et je pense que je me cherche encore dans mon activité… Mais cet article m’a prouvé que je devais encore plus pousser la carte de femme entrepreneure en Turquie !
    Bises

    • Lou des Steppes (author)

      Coucou Joanna !
      Carrément, si la Turquie est ton pays de cœur, le pays que tu as choisi, il y a de fortes chances ce que tu as envie de partager sur le sujet soient des choses en rapport avec ta vision. Go for it, write about it ;)))
      C’est souvent en ouvrant la conversation sur un sujet qu’on prend conscience de notre positionnement dessus. Du fait qu’on ne parle finalement pas tant du sujet en lui-même que de notre manière unique de voir le monde.

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