La tisserande du destin – Ce qui nous relie

As-tu déjà remarqué comme parfois, certains liens se tissent avec une évidence qui nous échappe ? On rencontre quelqu’un et instantanément, quelque chose se passe. Cela résonne très fort en nous, sans qu’on puisse expliquer pourquoi. C’est ce qui m’est arrivé récemment.

En découvrant pour la première fois les mots d’une femme sur internet, je me suis sentie si proche d’elle que j’ai eu le sentiment de découvrir une sœur que j’avais toujours attendue. L’espace d’un instant, j’ai senti mon monde s’élargir, se dilater dans l’infini des possibles. C’est une sensation qui, chez moi, s’accompagne toujours d’une confiance absolue, presque extérieure à moi. Le genre de confiance qui ne demande aucun effort car l’ego n’a même pas sa place en ce lieu, il est tout simplement recalé à l’arrière-plan.

Alors je lui ai écris, sans réfléchir, obéissant à une impulsion du cœur. Je lui ai écris et je me suis inscrite à l’un de ses programmes en ligne qu’elle s’apprêtait à lancer le jour de mon retour en France. Rationnellement, je pourrais arguer que j’avais l’utilité du service qu’elle proposait, les ressources financières et le temps pour m’y dévouer, mais en vérité, aucune de ces raisons n’a été à l’origine de ma décision. Mon intuition a court-circuité tout ça, l’a balayé d’un revers de la main. Il est toujours étrange de rencontrer quelqu’un pour la première fois et d’avoir le sentiment de faire partie de la même famille, de le connaître déjà profondément. Quand l’inconnu nous apparaît familier, les barrières n’existent plus. On ne voit plus que des connexions. Des liens.

Soudain, tous les petits cailloux posés sur notre route s’illuminent et mettent en lumière le chemin qu’il nous a fallut faire pour en arriver là, à cet instant précis. Tous les détours, les interrogations, les doutes, les souffrances, tout prend du sens et l’on sait que l’on est sur la bonne voie. Qu’on l’a toujours été. Depuis le début. On ne le voyait juste pas.

Ces moments, on les réalise toujours a posteriori. Il nous est impossible d’être à la fois dans l’instant et de prendre du recul dessus. On ne peut être dans l’action et réfléchir à l’action que l’on fait. Je sais ce que tu vas me dire : la pleine conscience, tout ça. Mais non. Ce n’est pas comme ça que cela fonctionne. Lorsqu’on vit cette connexion, on est la connexion. Lorsqu’on écrit, on est l’action d’écrire. Notre identité s’efface, ou plutôt elle se transforme, se déplace, elle devient sans limite.

Là, il n’y a plus de peur, parce qu’il n’y a plus d’ego. On se trouve ailleurs, dans un autre espace que celui de la personnalité. On s’est décalé de quelques millimètres, l’angle a changé et tout s’en retrouve modifié. Pour assimiler ce qui vient d’arriver, l’ancrer dans notre expérience afin de pouvoir porter un regard dessus, il nous faut d’abord réintégrer le périmètre de notre enveloppe.

Souvent, la descente est difficile, car on retrouve nos peaux de fortune, nos masques et nos barrières. Le monde se restreint à nouveau, il perd de sa lumière. Le champ des possibles se referme. Et l’on se souvient avec la nostalgie d’un temps perdu de cette sensation de puissance et d’insignifiance mêlées où tout ne formait qu’un. Ou les paradoxes étaient emprunts d’une beauté, d’une certitude qui se sent mais ne peut se communiquer. De nouveau, on se sent morcelé, incomplet.

Cet état-là, je pense qu’il est possible de le rejoindre, de plus en plus souvent, à mesure que l’on apprend à le reconnaître et à l’identifier. La plupart du temps, il passe furtivement et on ne prend pas la peine de l’explorer. C’est pourtant en entrant pleinement dedans, comme les artistes quand ils créent, qu’on lui offre la possibilité de se dilater, se prolonger. Comme un muscle, on peut l’entraîner. En se montrant attentif aux circonstances qui l’ont provoqué, aux sensations présentes dans notre corps à cet instant, on développe petit à petit notre acuité. On apprend à mieux le connaître et, comme un invité qui s’est senti bien accueilli, on créé les conditions propices à ce qu’il revienne nous rendre visite.

Cet inconnu peut prendre plusieurs noms : l’Inspiration, l’Univers, Dieu,… Souvent, on en parlera comme quelque chose d’extérieur, de par l’effet qu’il produit sur nous ; le sentiment d’appartenir à quelque chose de plus vaste, de plus grand. Pour moi, il n’est ni extérieur, ni intérieur. On est simplement fait de la même substance. Et parce que nous sommes fondamentalement reliés à tout ce qui nous entoure, nous avons en nous la mémoire cellulaire de cette connexion. Je me le représente personnellement comme un espace à l’intérieur de moi, un noyau, le centre d’une toile, d’où viennent et partent toutes les directions. Celles passées, présentes et à venir. Mais chacun sa manière de le visualiser. Ce qui importe, c’est trouver comment y accéder, comment y revenir. Et ça, c’est la plus belle aventure qui soit !

As-tu déjà ressenti un état semblable ? Que se passait-il à ce moment-là, qu’étais-tu en train de faire ? Dis-le moi dans les commentaires. Et si tu penses que cet article peut intéresser quelqu’un, n’hésite pas à le lui partager 😉