De cœur à cœur

Ces jours venteux où tu contemples la mer en te demandant si tu veux reprendre ou pas le coaching à ton retour, à côté de l’écriture de ton roman de voyage, parce que tu sens que tu as envie de ré-échanger régulièrement avec des gens sur ce qu’est l’essence de la vie. T’as envie de reconnecter à cette magie partagée qu’est la transformation de deux êtres qui se rencontrent de cœur-à-cœur pour évoluer.

Mais tu te sens tellement loin des préoccupations d’objectifs et performances qui agitent ce milieu que tu crains un peu de remettre un pied dedans. T’as peur de te faire réabsorber par cette violence sous-jacente qui se coupe de la vie.

Toi ce que tu kiffais en faisant ça, c’était de reconnecter les gens à leur cœur, les aider à être plus présents à ce qui se passait réellement pour eux dans l’instant pour faire tomber les barrières illusoires qui les retenaient de vivre et de créer et tu le faisais quelque soit la porte d’entrée proposée.

Mais parce que tu n’assumais pas pleinement de faire ça pour ça, de peur que ça ne soit pas suffisant aux yeux des autres, qu’ils ne voient pas (encore) la valeur de ça, t’avais choisi de plus communiquer sur le pouvoir créatif et le pouvoir de raconter des histoires que sur le pouvoir du cœur. Même si pour toi, c’était fondamentalement indissociable parce que créer ou communiquer un truc sans partir du cœur, c’est du caca.

Tu te disais « au fond peu importe si les gens s’en branlent encore massivement et qu’il faille les attirer par une porte d’entrée différente, le taf se fait quand même en arrière-plan. Bientôt, ça sera normal et évident pour tout le monde de parler de ça comme une priorité. Et un jour, ça sera même plus un sujet. »

Aujourd’hui, ces craintes remontent mais lorsque tu mets en pause ton réflexe de panique pour observer ce qui bouge sous la surface, tu sens qu’elles n’ont pas autant de prises sur toi qu’il y a 2-3 ans. Tu sens que tout ça, c’est juste une histoire que tu te racontais pour te protéger d’autre chose, plus profond. Le vide, le silence. La simplicité d’être. Dans ton lieu de vie, dans les relations aux autres, à toi… moins d’agitation inutile. Ces peurs-là remontent, en fait, pour être libérées, parce que le désir de te rapprocher de cette simplicité monte en toi. Doucement. Tranquillement. Comme une évidence.

Tu observes ce mouvement t’emplir peu à peu, goûtant sa saveur familière et inconnue, cherchant à sentir vers où est-ce qu’il veut t’emmener demain plutôt que de chercher à le figer pour te rassurer.

Tu sens que même si ce n’est pas facile, ta manière d’être face à ça, c’est en soit déjà un changement.

Et comme pour te rappeler que tes peurs ne te font jamais voir la réalité comme elle est, même la réalité passée (c’est toujours une histoire que tu te racontes et que tu modifies avec ta conscience présente), Facebook te suggère une publication souvenir d’il y a 2 ans où tu parlais de l’énergie transformative du cœur dans un déblocage express (et bim !) :

« Quand on vient me voir en Déblocage Express d’1h pour réussir à poser ses limites et que je ressens toute la violence que l’on s’inflige à nous-même et aux autres, ça me serre le cœur.

Comme s’il nous fallait comprendre comment mieux nous défendre pour réussir à vivre… Ignorant, au fond, combien notre cœur pleure d’être en guerre perpétuelle alors qu’il voudrait juste pouvoir aimer, se laisser traverser, s’abandonner.

Voir un être finalement s’ouvrir, écouter et reconnaître ses désirs depuis une place d’amour, cet espace en nous qui harmonise ce qui semblait séparé, c’est si beau, si simple, qu’il n’y a plus que le silence ensuite pour s’exprimer.

« … That’s just it, then ?

– Yes. »

(Sourire soulagé)

La guerre est terminée. Il n’y a jamais eu de guerre, en fait. Nos schémas viennent d’être anéantis avec la douceur d’une caresse. Démunis face à l’inconnu qui éclora du bourgeon de notre désir, nous ne nous sommes pourtant jamais sentis autant légers, en paix.

C’est pour assister à de tels instants que je fais mon métier. ❤️