Délicatesse, j’apprends à te retrouver

Magie du dernier jour à Huelgoat avec Samu Ailes et Olivia Bou.

Poésie slammée au bord de la rivière et promenade tissée par nos silences joyeux. Présence amoureuse. D’emblée.

Reconnexion au monde féérique.

Massage du dos offert par les esprits de la forêt en m’asseyant sur le trône de pierre du camp d’Artus. Trou spatio-temporel qui nous a fait marcher 15km alors qu’on était sensés être à 900m du village (même en faisant demi tour sur le sentier on n’est pas repassé aux mêmes endroits, je crois que les farfadets nous ont joué un tour pour qu’on passe la nuit dans la forêt !). Salutations d’un rouge gorge et d’une limace géante, accueil maternel d’un champignon de pierre, renaissance entre deux rochers…

Evidence.

Et retour du mental derrière, qui flippe sa mère d’être taxé de perchée. Qui cherche à complexifier la simplicité. Remettre de la dualité. À se distancer de la beauté, la pureté. S’entacher. Rester dans l’ombre et la normalité parce que trop d’éclat, ça fait flipper. Tout mélanger.

Rencontre immédiatement après d’un type vraiment perché. Paroles creuses et agitées. Fausse bienveillance, amour de carte postale, foi en papier maché. L’observer étaler son savoir, son illumination et sa supériorité pour cacher qu’il est complètement paumé.

En moi, ça commence à bouillonner. J’ai bien envie de le confronter, mais je sens que si je pars dans cette direction-là, je vais faire grimper la même énergie egotique que lui.

Lassitude.

J’ai pas envie.

Mon cœur m’indique de le congédier avec douceur.

Je lui dis calmement que j’étais bien dans le silence avant son arrivée et que j’aimerais le retrouver. Le silence qu’il a senti et qui l’a attiré. Il s’excuse respectueusement et part en moins d’une minute.

Je retrouve le calme et la nuit étoilée.

Je réalise après coup que mes craintes étaient infondées. Je ne suis plus celle d’il y a quelques années qui se laissait vider pour écouter des types comme ça. Celle qui se jugeait d’attirer des humains comme ça, pensant que peut-être ils étaient une part d’elle-même qu’elle ne voulait pas regarder. Celle qui craignait de devenir comme eux et, ce faisant, finissait par leur ressembler en se positionnant de l’extérieur tantôt comme eux, tantôt à leur opposée.

Aujourd’hui, une troisième voie s’ouvre à moi. Dans laquelle je n’ai pas à lutter contre qui que ce soit. Et surtout pas moi.

Délicatesse.

J’apprends à te retrouver.