Comment donner vie à une idée en 24h ?

En ce moment, j’accompagne une cliente lyonnaise, ce qui me permet de tester Vision Claire en présentiel, opportunité que je n’ai jamais eue avant. Et comme on est toutes les deux de HUGE fans des romans À la croisée des mondes de Philip Pullman, j’ai eu une idée.

Comprendre : après que je lui ai demandé comment rendre le prochain RDV plus ludique, mon cerveau (cet être dévoué qui se fout pas mal des 35h) m’a secoué à 2h du matin pour me partager une idée super excitante à mettre en place à peine 12h après, lors de mon RDV avec ma cliente.

En deux mots, l’idée était de transformer chaque espace de mon salon en îles à explorer pour tracer le chemin client (toutes les étapes où le client va interagir avec ton entreprise). Le projet incluait aussi les phases d’avant (généralement énoncées dans une page de vente) où il se retrouve confronté à son problème et tente – en vain – différentes solutions pour le résoudre, et les phases d’après, ce qui change dans sa vie une fois qu’il a testé le service/produit acheté et ce qui lui arrive ensuite.

Je voulais faire parcourir ce chemin à ma cliente pour qu’elle se mette vraiment à la place de son client et se figure de manière tangible et fun l’expérience de transformation qu’elle voulait lui offrir. Immédiatement, j’ai pensé à relier ce chemin au voyage du héros, structure universelle des mythes transmise par Joseph Campbell, qui raconte les étapes clefs de la transformation du héros au cours de son aventure. Si tu n’en n’as jamais entendu parler : google images est ton ami pour un résumé schématique 😉

Dans ma tête, j’imaginais des décors en cartons peints pour chaque île, comme si ça avait été bricolé par des enfants, des ambiances sonores, un accessoire (voire un costume entier) pour incarner chaque gardien de l’île, gardien ayant sa personnalité unique, des répliques faisant quelques clins d’œil culturels marrants à des personnages ayant aussi vécu de grandes aventures et des questions à poser pour aider ma cliente à progresser dans sa quête. [ Oui mon cerveau a totalement intégré mes troubles de la personnalité, mon programme sur les archétypes de marque en est d’ailleurs l’illustration parfaite. ]

En gros, j’imaginais tout un jeu de rôle basé là-dessus, pour que l’on entre vraiment dans la tête de son client et que l’on vive chaque étape de la transformation qu’on lui offre.

Sauf que ma réalité du moment, c’était qu’il était 2h du matin et que le lendemain au réveil, j’avais déjà des tâches (urgentes) de prévues avant l’arrivée de ma cliente. Tout au plus, je pensais pouvoir allouer 30 minutes à cette idée… Qu’à cela ne tienne : j’ai inscrit l’idée comme elle m’était venue, sans rien retirer et, en replongeant sous ma couette, j’ai décidé de laisser à la Lou de demain le soin d’aviser ce qu’il serait possible de faire avec ça.

Comment donc, mettre en place une idée pareille en 30min ? En se posant la bonne question.

Comment conserver 90% du résultat avec 10% d’efforts ?

Ça m’a permis de voir tout de suite le squelette de mon idée, d’avoir accès à son essence, une fois dépouillée des fioritures formelles : je voulais matérialiser le chemin client comme une quête (jeu). Inscrire ce chemin dans la réalité en l’imprimant dans le corps : le visualiser dans l’espace et le rendre physiquement traversable.

Et de quoi avais-je besoin pour faire entreprendre un tel voyage ?
D’un but, d’une carte du monde, d’un itinéraire et de quelques provisions.

Alors en 15-20 minutes, j’ai réuni tout ça :

  • le but serait expliqué en début de séance (tracer le chemin client)
  • la carte du monde serait la structure du voyage du héros
  • l’itinéraire serait constitué avec des feuilles de papier A4 portant les noms des îles, dispersées dans mon salon, et l’on se déplacerait pour passer d’une île à l’autre
  • les provisions énergétiques : des trucs à boire et à grignoter en cours de route

Now.
J’aurai pu ne jamais faire ça, ou ne jamais le montrer à ma cliente, et me focaliser sur le fait que cette réalisation n’était absolument pas à la hauteur de mon idée nocturne (ou d’autres personnes ayant mieux fait sur le sujet), mais qu’est-ce qui importe plus : comparer le fantasme dans ma tête à la réalité et me flageller, ou prendre conscience que cette version que je pouvais maintenant proposer était déjà dix fois plus fun que celle que j’avais prévue à la base, et qu’on allait probablement se marrer à la tester ?

Turns out : we had a lot of fun. Et quand à la fin d’une séance, tu as atteint le résultat (tracer le chemin client) par l’approche (ludique / fun) que tu voulais et que ta cliente te dit qu’elle est trop contente, le reste, ben ça compte pas tellement en fait !

Créer en flux tendu, c’est développer ta capacité à expérimenter rapidement, à improviser. Or l’improvisation, c’est juste à l’opposé de la perfection. C’est VIVANT.

Est-ce qu’un gosse se demande comment est-ce qu’on va juger sa création quand il a une idée ?
Non. Il s’en fout. Il la matérialise juste pour le fun, et pour le plaisir de jouer avec ensuite.
Ce qui compte pour lui, c’est de jouer aujourd’hui. Pas demain.

*

Now, action step : quelle idée/projet traîne dans ta tête depuis des semaines, mois, voire années, sans jamais voir le jour ? Comment pourrais-tu le lancer aujourd’hui en atteignant encore 70-90% du résultat final ? Partage le résultat de ta réflexion dans les commentaires pour inspirer d’autres personnes à matérialiser leurs idées rapidement. Tu penses que cet article peut intéresser quelqu’un ? N’hésite pas à le lui partager 😉