La douceur envers soi-même, c’est aussi de l’exigence (I’m not going to talk about cupcakes)

Les habitudes pour toi, c’est cause de souffrance ou de plaisir ? Pendant environ deux mois, chaque matin, j’ai fait du stretching pour m’assouplir et me détendre. J’ai pris cette décision parce que j’étais consciente d’être exposée, via mon mode de vie, à pas mal de stress et peu d’activité physique au quotidien et ça me semblait une réponse adaptée, facile et rapide à mettre en place.

Seulement en pratique, le stretching m’ennuyait à mourir et en faire tous les matins me créait sournoisement encore plus de stress et de rigidité. Autant dire que j’étais mal embarquée pour arriver à l’objectif souhaité.

Le hic, c’est que je ne voyais pas que c’était mon approche de base qui posait problème. L’approche de fond. Moi, j’étais occupée à regarder la forme choisie et à essayer de l’affiner. Persuadée que j’étais paresseuse (first mistake) et que c’était juste un manque d’habitude ou de volonté de ma part qui viendrait avec le temps (lol), j’essayais de simplifier ma pratique au max pour réussir à l’implanter (ah c’est tellement doux comme choix de mots, ça sonne pas du tout déjà comme du forcing mental, hein ?) dans mon quotidien en :

  • dessinant mes exercices et en les accrochant au mur pour ne pas avoir à y réfléchir (la moindre pause me faisant partir ailleurs) et pouvoir les faire quasi en automatique
  • diminuant le temps de stretching obligatoire avec un chrono à côté de moi pour savoir quand est-ce que je serai libérée ce serait terminé. Je pensais qu’une fois la partie « obligatoire » de 2min passée, qui avait surtout pour but de me lancer dans l’activité sans excuse, je pourrai me détendre et continuer juste pour le plaisir (re-lol). Mais les jours passants, je constatais que même 2 minutes, ça me semblait long et que cette pénibilité n’avait absolument rien de physique

Comment je m’en suis aperçue ?

Well, disons que c’était difficile à ignorer. Dès que je commençais à m’étirer, mon inconscient prenait tellement vite le dessus que je me retrouvais à l’autre bout de l’appart en train de faire la vaisselle, d’arroser les plantes ou même de tailler un crayon – n’importe quoi en fait, pourvu que ce ne soit pas du streching – et au bout de quelques minutes, comme il se détendait parce que le danger était passé, je revenais à ma conscience et réalisais que j’avais (encore !) interrompu ma session. Aaaaah !

J’étais apparemment incapable de me focaliser 2 pauvres minutes sur mon tapis et c’était putain de rageant. Pourtant, je me savais en mesure de faire 1h de sport à la salle sans problème, et ce malgré un tas de distractions. Qu’à cela ne tienne, m’étais-je dit sur le moment : j’allais donc sortir l’artillerie lourde, mon inconscient allait voir de quel bois est-ce que je me chauffais !

Suite à cet échec, je rassemblais toute ma détermination et mon ingéniosité créative pour y arriver le matin suivant. Ce à quoi mon inconscient répondit avec une facilité désarmante : en me faisant tout simplement oublier de m’étirer (How can you forget literally the FIRST thing you have to do when you wake up ? Jiz…). Niveau de résistance mentale : MAXIMUM.

Honnêtement, c’est très perturbant de se décider à faire un truc que l’on pense court, facile, et nous procurant du bien, de commencer à s’y mettre et de revenir à soi quelques minutes plus tard en train de faire totalement autre chose à l’autre bout de la pièce, sans même s’être rendu compte qu’on avait arrêté de faire ce qu’on voulait à la base. Surtout quand tu vises un truc qui dure DEUX.MINUTES. 0____0

I mean what da fuck, dude ? It’s just stretching, not climbing the freakin’ Everest.
Why don’t you leave me in peace for once ?

À la longue, ça donne un peu l’impression d’être en coloc avec une autre personne qui n’en n’a rien à branler de tes préférences et qui n’en fait toujours qu’à sa tête. Alors on respire un grand coup et on se rappelle que cet autre, c’est une partie de nous, et que ça serait pertinent de l’écouter aussi car il ne fait probablement pas ça dans le but de nous faire chier.

Ahah non je déconne, j’en avais rien à branler de l’écouter.
Je voulais juste faire mon stretching, point.

Mais je sais aussi reconnaître quand je m’acharne un peu trop donc, voyant que j’oubliais à répétition, j’ai décidé de me lâcher temporairement la grappe sur la réalisation de cette habitude et d’aller m’occuper de mes autres priorités. Stratégie qui a finalement payé, car en m’occupant de tout à fait autre chose, j’ai débloqué sur une croyance mentale que je me trimballais depuis plusieurs années, et la voir m’a permis de changer spontanément de disposition face à la question du stretching :

J’ai réconcilié mon niveau d’exigence et de douceur envers moi-même

Quoi tu ne savais pas que les concepts, comme les personnes, pouvaient s’embrouiller et créer des conflits irrésolubles dans ta tête, au point de te déchirer en dedans ? Ben après tout, ils ont été créé par les humains, eux aussi…

Bref. Grâce à ça, j’ai soudain pu arrêter de me forcer à me stretcher dans le but de me prouver à moi-même que j’étais capable de me discipliner car j’étais tout sauf paresseuse (quoi t’as jamais remarqué que quand t’étais en train de t’embrouiller avec quelqu’un, tu perdais de vue ton objectif de départ ? Ben ouais, sinon tu perdrais pas ce temps à t’embrouiller) et réaliser que ce dont j’avais vraiment envie, c’était pas tant d’être capable de discipline ou même d’être souple, mais plutôt d’atteindre ce à quoi la souplesse était reliée pour moi : me sentir présente, fluide et énergisée dans mon corps. Dans ces moments-là, j’étais souple.

Et autant j’étais loin d’être une experte sur comment devenir souple parce que je m’y étais jamais vraiment intéressée (donc là je m’en remettais à une autorité extérieure ; bien le bonjour, Reine-mentale-sans-nom-du-stretching, je vous salue), autant la présence et la fluidité, ça c’était un truc qui m’était déjà bien plus familier. D’avoir d’abord reconnu ce fait-là en moi, ça m’a permis de me poser une meilleure question qu’au début :

Comment pouvais-je me connecter à cet état de présence et de fluidité au réveil ?

Deux trucs me sont venus :

  • effectuer en toute liberté les mouvements que je sentais vouloir s’exprimer dans mon corps (et pas uniquement des mouvements appartenant à un certain type d’activité), incluant aussi l’absence de mouvement
  • choisir une ambiance musicale que je sentais adaptée pour éveiller l’énergie à laquelle je voulais me connecter sur l’instant, où à laquelle j’étais déjà connectée, afin qu’elle vienne me soutenir dans cet élan

Depuis, au lieu de m’enfermer dans ma tête et sur mon tapis de 180x60cm dès le réveil, je me lève en choisissant instinctivement l’énergie dans laquelle je veux être et je me mets à danser librement dans mon appart, en prenant le temps à la fois d’écouter mon corps et d’apprécier mon environnement.

Mes journées commencent donc avec beaucoup plus de JOIE, D’ÉNERGIE ET D’INSPIRATION. Le fait de retrouver de la souplesse dans mon corps n’est plus un objectif, mais une conséquence logique qui découle de ma décision de m’être écoutée et de continuer à le faire chaque matin. Car il faut bien comprendre ici une chose…

La douceur envers soi-même, c’est pas trouver le système qui nous convient

La douceur envers soi-même n’est pas un effort ponctuel qui permet de rééquilibrer les choses jusqu’à la prochaine fois où l’on se sentira stressée/vidée/énervée/que-sais-je. C’est pas non plus une suite de systèmes à mettre en place qui, une fois qu’on les a tous réunis telle une collection d’images panini, ou qu’on en a pioché 2 ou 3, nous permettent d’accéder au graal de nous autoriser à nous détendre (en nous disant que – ça y est – on est enfin devenus doux avec nous-mêmes !).

On ne saurait être plus éloigné de la réponse que ça.

Ce serait chasser une image, une forme, et passer à côté du fond. C’est exactement ce que j’ai fait avec le stretching. Or, il n’y a qu’en touchant d’abord au fond que l’on pourra ensuite accéder à la forme, LES formes, qui nous sont propres. Notre réponse unique, sur-mesure, vivante.

La douceur envers soi-même n’est pas un résultat fixe à atteindre, mais une approche, une manière de vivre, un choix qui se renouvelle à chaque instant. Par essence, elle n’est rien d’autre que ça : un choix. Le choix d’être à l’écoute, présent.

C’est parce que j’étais à l’écoute que j’ai pu voir que je m’acharnais par peur d’être paresseuse plutôt que par désir de m’assouplir. Et c’est parce que j’étais toujours à l’écoute que j’ai pu voir que derrière mon désir de m’assouplir, il y avait un désir d’être présente à moi et de suivre la fluidité déjà présente dans mon corps.

Prendre ce temps est essentiel, car c’est lui qui nous permet de sortir du mode automatique pour modifier ce que l’on souhaite dans notre vie. Et c’est en faisant ce choix à chaque instant que l’on accède à la suite avec délectation ; les solutions infiniment variées et créatives qui en découlent et viennent bouleverser notre vie avec une simplicité déconcertante, presque sans effort, parce que cette fois ça part du bon endroit. Non pas de la peur. Non pas du désir. Mais de la présence.

*

Et toi, dans quoi est-ce que tu mets de la rigidité et de la souffrance actuellement ? Es-tu au clair sur tes intentions et ta posture (ton comportement) vis-à-vis de ça ? Qu’est-ce qui changerait si tu décidais de t’apporter de la douceur ? Partage ton expérience dans les commentaires. Tu penses que cet article peut intéresser quelqu’un ? N’hésite pas à le lui partager 😉