Humour situationnel

En l’absence de tout camping et de gite d’étape ouvert à Alès et ne voulant pas claquer sans raison mon budget dans une nuit en chambre d’hôtes, j’opte pour une solution jamais tentée auparavant. Après tout c’est la fin d’un cycle et le début d’un nouveau !

Ah, découvrir le charme d’un hôtel première classe… posé au bord d’une autoroute qu’on entend comme si elle traversait la chambre d’à côté, je pressens être à l’aune d’une nouvelle expérience sensorielle marquante. Il est vrai qu’il ne faut point trop s’habituer au confort berçant d’une rivière, on risquerait de devenir trop exigeant sur nos critères nocturnes.

Si tôt la carte de ma chambre en main, pleine d’un enthousiasme naïf, je monte quatre à quatre les marches de l’escalier extérieur, passe devant un petit vieux qui fume sa clope sans répondre à mon bonjour, puis ouvre la porte beuglant le numéro 215 : une odeur tenace de fumée monte à mes narines fraîchement dépolluées. Contre le radiateur, des traces de mégots écrasés jaunissent encore les lieux. La nausée me prend. – Oh hell no !

Je racle ma gorge et redescends immédiatement pour voir s’il est possible d’avoir une autre chambre, sans odeur de tabac. Le type, sympa et que je fais marrer par mon entrain (« ça se voit que vous venez de la campagne, vous avez le sourire et de l’énergie ! » jamais réponse n’avait planté si bien le décor), note quelques numéros sur un bout de papier et me propose d’aller faire un tour pour choisir mon royaume d’une nuité. Je finis par jeter mon dévolu sur le moins pire. C’est de toute évidence partout la même en plus ou moins aéré. Je dormirai donc la fenêtre entrouverte.

Une fois mon sac posé, j’inspecte rapidement les lieux : pas de trace de clope, pas de capote au fond des chiottes, pas de cafard qui danse sur le parquet, hey, pour un peu ça serait presque covid-free, ce truc ! Et avec la lumière blafarde et clignotante de la salle de bain qui s’éteint quand tu es sous la douche, j’ai sans nul doute de quoi débuter un bon polar ! Allez, bonne nuit ! 😃

Ajout :

MAIS cette demeure de rêve répond à mes priorités :

• c’était sous les 40€ (et j’ai même, chose incroyable, un petit dej compris ET servi dès 6h30 du mat, parce qu’il y a plein d’ouvriers qui bossent ici)

• c’était à 40m de là où le bus m’a déposé

• c’était à 1km du décathlon

• c’était à 100m des chemins de Regordane que j’emprunte demain matin (et puisque je suis déjà dans la zone industrielle dégueu, chaque pas sera une délivrance pour m’en éloigner – pas vu le centre historique, Alès restera donc un endroit immonde dans mon souvenir)

Le reste, je m’en branle. Ça me donne matière à écrire. Tant qu’il y a un lit et qu’on me dépouille pas dans la nuit…